On a appris la mort, à l’âge de 90 ans, de Pierre Médecin qui dirigea l’Opéra de Nice et l’Opéra-Comique dans les années 80 et 90. On lui doit également de nombreuses mises en scène de grands opéras.
Contrairement à son père Jean et son frère Jacques, tous deux anciens maires de Nice, députés et ministres, Pierre Médecin ne s’est pas fait connaître dans le domaine de la politique mais pour sa carrière remarquable dans le secteur de l’art lyrique. Figure discrète de la ville de Nice, il aura consacré sa vie à défendre la musique, l’opéra et l’exigence artistique.
Formé au lyrique à Bayreuth par le metteur en scène Wieland Wagner, le petit-fils de Richard Wagner et arrière-petit-fils de Franz Liszt, dont il devint l’assistant, Pierre Médecin est entré en 1959 l’Opéra de Nice, à l’âge de 24 ans, comme conseiller artistique avant d’en devenir directeur de 1982 à 1983. De 1994 à 2000, il dirigea l’Opéra-Comique, permettant à l’institution parisienne de sortir d’une crise profonde après la scission avec l’Opéra de Paris.
Pierre Médecin mit en scène Arabella en 2006 au Capitole de Toulouse
Parallèlement à ses fonctions de dirigeant de maisons d’opéra, Pierre Médecin continua de mettre en scène des opéras même après avoir pris sa retraite. Ce fut notamment le cas à la Scala de Milan avec Pelléas et Mélisande de Claude Debussy qu’il monta en 2005 puis, un an plus tard, pour Arabella de Richard Strauss présenté au Capitole de Toulouse.
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Interrogé à l’époque par Le Figaro, il avait expliqué que pour la mise en scène d’Arabella, il avait remarqué que « Malgré son manque de conscience politique, Strauss ne pouvait être imperméable à ce point au monde qui l’entourait. J’ai alors relu mon Arabella mot à mot et j’ai vu le monde des Damnés de Visconti : un univers confiné, décadent, crépusculaire, où l’on danse sur un volcan ».
Christian Estrosi : « Pierre Médecin a durablement marqué l’histoire de l’Opéra de Nice »
Dans un message publié sur Facebook, Christian Estrosi, le maire de Nice, écrit que Pierre Médecin « fut une figure majeure de la vie culturelle niçoise et a durablement marqué l’histoire de notre opéra », et rappelle qu’il avait également créé La Diacosmie, un complexe unique en France qui fait office de centre de production de l’Opéra de Nice.
Dans le blog local Le magazine du citoyen engagé, Lucie Marchese rend hommage à Pierre Médecin à qui « Nice doit une part de son souffle lyrique. Et, dans le silence qui suit sa disparition, résonne encore discrètement, la musique qu’il a su défendre ».
Philippe Gault
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