André Isoir a sans doute laissé la plus grande intégrale Bach par sa clarté et sa poésie. Plus discrètement, il est l’auteur des admirables transcriptions qui nous sont proposées ici. Ces adaptations à l’orgue portent la marque de fabrique des interprétations : vitalité, surprises, maîtrise formelle, particulièrement dans les mouvements en trios adaptés de cantates.
Michel Bouvard et François Espinasse se fondent dans ces pages comme dans l’enseignement si fécond d’André Isoir. Quelle fougue dans l’arrangement du Concerto pour quatre claviers ! Quel lyrisme dans les arias ! Quel humour quand il s’agit de remettre sur métier une transcription entreprise par Bach lui-même ! Ce bonheur de jouer, de faire chanter l’orgue dans les pages les moins attendues, telles les Sonates pour violon seul, se transmet comme une traînée de poudre. Aux commandes de l’orgue contemporain Westenfelder de Fère-en-Tardenois (Aisne), les deux interprètes ne laissent à aucun instant re tomber leur verve. Bien sûr, l’auditeur pourra toujours discuter tel choix d’écriture ou de registration. Mais le dialogue qui s’instaure alors avec le transcripteur et les interprètes fait partie du jeu. Ce disque s’inscrit dans cet esprit baroque consistant à revisiter les oeuvres comme un matériel inachevé, approche brillamment défendue par Kei Kyoto dans son disque récent consacré à des concertos baroques (DHM).
Il témoigne enfin de l’excellence de toute une école française dans l’interprétation et l’assimilation de la musique du cantor.
Cette stimulante rencontre de deux générations d’artistes réunis dans l’interprétation de la musique de Bach bénéficie en outre d’une prise de son admirable de naturel.
L’auditeur semble in situ face à l’instrument et l’entend respirer et chanter.
LA FÊTE À BACH
Radio Classique
Des pages célèbres de Bach transcrites pour orgue par André Isoir et interprétées par deux de ses élèves. Un soleil de musique.