La Cour des comptes invite le Centre National de la Musique à clarifier sa stratégie

ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Le Centre national de la musique (CNM), qui rassemble différents acteurs de la filière, dispose de « moyens en forte hausse » mais sa feuille de route « manque de clarté », a pointé vendredi la Cour des comptes, appelant à une réforme en profondeur.

Après la crise sanitaire et dans un contexte de croissance du marché, « le Centre national de la musique se retrouve avec des moyens beaucoup plus importants que prévu à l’origine », a estimé la Cour des comptes dans un rapport public. Son budget a « presque triplé par rapport aux moyens totaux des organismes qu’il a remplacés (53 millions d’euros) », a-t-elle relevé.

Le conseil d’administration du CNM a entériné un budget 2025 de 137,6 millions d’euros, dont une large part doit être consacrée à son programme d’aides, au soutien à la création musicale ou encore à la transition écologique. Parmi ses sources de financement, elle compte sur la taxe streaming, censée lui rapporter à terme 15 millions d’euros par an.

« Il convient de mettre un terme à la logique de guichet, héritée de la période Covid et ayant conduit à un saupoudrage des aides », a exhorté l’instance de contrôle. Elle recommande de les refondre  « dans une logique de simplification et de décloisonnement ».

« Une large partie de ces critiques a été traitée » estime le président du CNM

La Cour a au passage déploré le manque de « stratégie musicale globale » de son ministère de tutelle, le ministère de la Culture, avec des opérateurs, décisionnaires et dispositifs toujours éclatés.

« Il y a des critiques sur des plans stratégiques mais qui s’adressent au moins autant, si ce n’est plus, à l’État qu’au CNM », car « l’État n’a pas changé grand-chose dans sa manière de faire de l’aide à la musique », a réagi Jean-Philippe Thiellay, président de l’établissement depuis sa création en 2020, mais dont le mandat n’a pas été renouvelé et s’achèvera le 31 janvier. « Une large partie de ces critiques a été traitée » depuis que le rapport a été arrêté, en juin, a-t-il ajouté.

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Le CNM a remodelé certaines aides et décidé de raboter le droit de tirage, un mécanisme de taxe dont une partie revient aux contributeurs. La mesure a suscité l’opposition d’acteurs privés du spectacle vivant, qui ont dit refuser d’être la « variable d’ajustement » du budget de l’établissement public.

Philippe Gault (avec AFP)

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