Le Centre national de la musique (CNM), qui rassemble différents acteurs de la filière, dispose de « moyens en forte hausse » mais sa feuille de route « manque de clarté », a pointé vendredi la Cour des comptes, appelant à une réforme en profondeur.
Après la crise sanitaire et dans un contexte de croissance du marché, « le Centre national de la musique se retrouve avec des moyens beaucoup plus importants que prévu à l’origine », a estimé la Cour des comptes dans un rapport public. Son budget a « presque triplé par rapport aux moyens totaux des organismes qu’il a remplacés (53 millions d’euros) », a-t-elle relevé.
Le conseil d’administration du CNM a entériné un budget 2025 de 137,6 millions d’euros, dont une large part doit être consacrée à son programme d’aides, au soutien à la création musicale ou encore à la transition écologique. Parmi ses sources de financement, elle compte sur la taxe streaming, censée lui rapporter à terme 15 millions d’euros par an.
Le Centre national de la musique, des moyens en forte hausse sans estimation préalable des besoins et sans stratégie claire. Une logique de guichet et de saupoudrage des aides sans évaluation de leur impact.
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— Cour des comptes (@Courdescomptes) January 17, 2025
« Il convient de mettre un terme à la logique de guichet, héritée de la période Covid et ayant conduit à un saupoudrage des aides », a exhorté l’instance de contrôle. Elle recommande de les refondre « dans une logique de simplification et de décloisonnement ».
« Une large partie de ces critiques a été traitée » estime le président du CNM
La Cour a au passage déploré le manque de « stratégie musicale globale » de son ministère de tutelle, le ministère de la Culture, avec des opérateurs, décisionnaires et dispositifs toujours éclatés.
« Il y a des critiques sur des plans stratégiques mais qui s’adressent au moins autant, si ce n’est plus, à l’État qu’au CNM », car « l’État n’a pas changé grand-chose dans sa manière de faire de l’aide à la musique », a réagi Jean-Philippe Thiellay, président de l’établissement depuis sa création en 2020, mais dont le mandat n’a pas été renouvelé et s’achèvera le 31 janvier. « Une large partie de ces critiques a été traitée » depuis que le rapport a été arrêté, en juin, a-t-il ajouté.
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Le CNM a remodelé certaines aides et décidé de raboter le droit de tirage, un mécanisme de taxe dont une partie revient aux contributeurs. La mesure a suscité l’opposition d’acteurs privés du spectacle vivant, qui ont dit refuser d’être la « variable d’ajustement » du budget de l’établissement public.
Philippe Gault (avec AFP)
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