80 ans de la libération d’Auschwitz : Un documentaire redonne vie aux musiques composées et jouées par les prisonniers

Crédit : Sky Arts

Le 27 janvier sera célébré le 80e anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz. À cette occasion, la chaîne de télévision britannique Sky Arts va diffuser un documentaire sur les musiques composées et jouées par les prisonniers dans le camp d’extermination polonais pendant leur détention.

Dès 1940, les autorités SS ont autorisé la création d’un orchestre au sein du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau en Pologne où plus d’un million de prisonniers ont perdu la vie. En 1945, avant sa libération le 27 janvier, le camp abritait au moins 6 orchestres dont une formation féminine.

C’est un peu l’histoire de la musique à Auschwitz que raconte le documentaire The Lost Music of Auschwitz que diffusera la chaîne de télévision britannique Sky Arts à partir du 20 janvier (également disponible sur Freeview et Now TV). Le document de 90 minutes raconte la mission à laquelle s’est attelée pendant 8 ans le compositeur et chef d’orchestre britannique Leo Geyer pour rassembler un trésor de fragments de manuscrits découverts dans les archives du musée d’Auschwitz-Birkenau.

Les musiques « telles qu’elles ont dû être jouées à Auschwitz »

C’est lors d’un voyage d’étude au camp d’Auschwitz en 2015 que Leo Geyer a découvert les fragments de partitions musicales par hasard. Alors qu’il se trouvait au mémorial et au musée d’Auschwitz-Birkenau, un archiviste lui a dit qu’il y avait des vestiges de partitions musicales arrangées et jouées par des orchestres du camp.

Pendant 8 ans, le musicien anglais, à partir de 210 documents souvent abimés et même illisibles pour certains, a reconstitué ce qu’il appelle un « puzzle brisé » pour redonner vie à ces musiques. « Aucun des manuscrits n’était complet (…) Grâce à un travail de détective musical, j’ai pu rassembler les morceaux des manuscrits, en étudiant les fragments et en les recoupant avec des témoignages et des photographies, et en recomposant avec sensibilité les passages manquants » confie-t-il.

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Dans le documentaire, Leo Geyer et son orchestre Constella Music, interprètent ces musiques « telles qu’elles ont dû être jouées à Auschwitz ». Les performances musicales sont entrecoupées d’interviews émouvantes avec certains des derniers survivants du camp.

La libération de deux autres grands camps de concentration nazis, Dachau et Buchenwald (Allemagne), sera célébrée en avril.

Philippe Gault

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