Kent Nagano et l’Orchestre Symphonique de Montréal

Danse macabre au Canada

La France connaît bien Kent Nagano puisqu’il fut, de 1989 à 1998, directeur musical de l’Orchestre National de Lyon. Le chef américain d’ascendance japonaise, plébiscité par l’Orchestre symphonique de Montréal  en 2006 pour succéder à Charles Dutoit, est par ailleurs un familier de la musique contemporaine et un interprète d’élection d’Olivier Messiaen. Pour son dernier album, il s’illustre dans quelques poèmes symphoniques du XIXe siècle cadencés par la danse macabre.
Impossible de passer outre la pièce éponyme de l’album, la fameuse Danse macabre de Camille Saint-Saëns : dans ce qui constitue sans doute son œuvre d’orchestre la plus célèbre, le compositeur français, réputé pour ses goûts académiques, innove pourtant en intégrant le xylophone au pupitre des percussions. Célèbres depuis les images que le film de Walt Disney Fantasia posa dessus, La Nuit sur le mont-chauve de Moussorgky et L’Apprenti sorcier de Paul Dukas sont évidemment de la partie. La Sorcière de midi de Dvořák nous plonge au cœur des légendes tchèques et leur folklore bohémien, tandis que la plus rare Tamara de Balakirev s’inspire d’un poème de Lermontov : il narre l’histoire d’une belle princesse qui attire les voyageurs égarés dans la nuit avant de jeter leur cadavre dans le gouffre de la rivière. L’orchestre – imposant – du compositeur russe y déploie des trésors de sonorités, d’une grande force d’évocation. 
Danse macabre, par l’Orchestre Symphonique de Montréal, dir. Kent Nagano (1 CD Decca)