Un chat s’invite sur scène pendant « Roméo et Juliette » et vole la vedette aux amants de Vérone

Alors que la scène finale du ballet Roméo et Juliette plonge habituellement les spectateurs dans l’émotion et la tragédie, un protagoniste inattendu est venu bouleverser le destin des amants maudits. Le 10 juin, à İzmir en Turquie, un chat errant s’est invité sur la scène du Ballet Impérial Russe, transformant en quelques secondes l’un des moments les plus poignants du répertoire classique en une séquence émouvante et tendrement drôle.

Le public retenait son souffle en cette soirée du 10 juin à Izmir. Sur scène, Roméo, persuadé de la mort de Juliette, venait d’avaler le poison fatal. Le danseur, immobile au sol, incarnait avec gravité le dénouement tragique imaginé par William Shakespeare et porté par la musique de Serge Prokofiev. C’est alors qu’un petit chat errant a fait son apparition sur la scène à ciel ouvert du théâtre Aşık Veysel.

D’abord discret, le matou s’est peu à peu approché du corps du héros puis s’est allongé à ses côtés, près de sa tête, comme intrigué par cette étrange silhouette inerte. Prenant manifestement ses aises, Le petit félin s’est mis à jouer avec les cheveux du danseur, glissant ses pattes dans sa chevelure et lui mordillant doucement la tête sous les yeux médusés des autres danseurs et du public d’abord surpris puis enchanté par cette irruption saugrenue.

Des éclats de rire dans la salle

Le plus remarquable dans cette séquence reste sans doute le professionnalisme des artistes. Malgré cette intrusion imprévue, les interprètes ont poursuivi leur prestation sans interrompre le fil dramatique. Le danseur incarnant Roméo est demeuré parfaitement impassible, tandis que Juliette continuait à exprimer le désespoir de son personnage.

À un moment, la ballerine a même tiré son partenaire par la cheville pour poursuivre la chorégraphie, laissant l’intrus téméraire décider lui-même de la suite de son aventure chorégraphique.

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Dans la salle, en revanche, la tension tragique a rapidement laissé place à l’enjouement. Des éclats de rire ont parcouru le public face à ce contraste saisissant entre l’intensité voulue par le final du ballet et la désinvolture du visiteur à quatre pattes. La vidéo de la scène, mise en ligne sur les réseaux sociaux et par plusieurs médias internationaux, est rapidement devenue virale.

L’anecdote rappelle aussi une réalité bien connue en Turquie, où les chats errants occupent une place importante dans le paysage urbain et dans le cœur des habitants. À İzmir comme à Istanbul ou Ankara, ils circulent librement dans les rues, les commerces et jusque sur les planches des salles de spectacle… parfois pour y exécuter des entrechats.

Philippe Gault

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