Plus d’un demi-siècle après le Descartes, Corneille, Christine de Suède d’Ernst Cassirer (Vrin), Philippe Beaussant, féru d’esthétique baroque (ses écrits consacrés à Louis XIV, Lully, Couperin, Monteverdi, Titien…), renouvelle l’image de cette femme illustre du XVIIe siècle, à l’aune de son amour pour la musique. Reine à six ans, elle abdique à vingt-quatre, se convertit au catholicisme, se fixe à Rome et ouvre la première salle publique d’opéra.
Cette admiratrice du Bernin, proche de Corelli, Carissimi et Stradella, incita Descartes à s’installer à Stockholm afin de composer les vers et le scénario (dixit l’auteur) de La Naissance de la paix, ballet destiné à fêter la fin de la guerre de Trente Ans.Refusant le mariage et parlant dix langues elle écrivait, entre autres, en français , elle endossa l’habit de Diane dans un ballet dont elle fut la danseuse étoile, cisela des maximes digne de La Rochefoucauld (" Les homme désapprouvent toujours ce qu’ils ne sont pas capables de faire ") et composa le livret de l’opéra La Forza delle Stelle de Stradella. Héroïne de théâtre chez Dumas, d’opéra avec Thalberg, de cinéma avec Rouben Mamoulian sous les traits de Greta Garbo ! , Christine renaît grâce à Philippe Beaussant, cette fois en Diane chasseresse des arts.
Christine de Suède et la musique, Philippe Beaussant, Fayard, 218 p., 19 €.
Descartes librettiste d’opéra !
Radio Classique
Le dernier essai de l'académicien Philippe Beaussant nous parle des rapports de Christine de Suède avec la musique.