Vérone : Les chanteurs souffrent sous des costumes inadaptés aux fortes chaleurs

Crédit : Arena di Verona

Fin juillet, dans les arènes de Vérone, lors des représentations d’Aïda, les choristes ont souffert à cause des fortes chaleurs et de costumes peu adaptés à ce genre de conditions selon leurs syndicats. Problème : à partir du 17 juillet commenceront les représentations de Nabucco, pour lesquelles sont prévus des costumes encore plus lourds.

Le cycle de représentations d’Aïda de Giuseppe Verdi, proposé par les arènes de Vérone, a mal commencé. Pour la première session, fin juin, les organisateurs ont dû pallier le forfait d’Anna Netrebko et faire face à de fortes chaleurs (plus de 30°C) qui ont touché la Vénétie à cette période. Des conditions extrêmes certes de courte durée mais pour les quelles les costumes conçus par le metteur en scène Stefano Poda pour les choristes se sont révélées peu adapteés.

Au moment du pic de cette canicule, les 28 et 29 juin, au moins 7 chanteurs du chœur ont ainsi été pris de malaise ou ont eu besoin d’assistance médicale. Il est vrai que les bottes de motard, les pantalons longs et les lourdes tuniques (jusqu’à 10 kilos), équipées de grilles en plastique pour diffuser des éclairages LED, se sont révélées très difficiles à supporter. « Il fait chaud sur scène, les costumes sont si rigides qu’ils nous obligent à chanter le menton relevé. L’armure en plastique nous touche le cou », a confié un choriste au journal Gramilano.

Des tests physiologiques réalisés lors de chaque représentation depuis le 6 juillet

Saisis par les choristes concernés, certains de leurs syndicats s’inquiètent, non seulement pour la reprise des représentations d’Aïda depuis le 13 juillet (jusqu’au 4 septembre), toujours dans la mise en scène de Stefano Poda, également créateur des décors et des costumes, mais aussi pour la série de représentations de Nabucco qu’il mettra en scène et qui reprendra le 17 juillet et se poursuivra jusqu’au 5 septembre.

Si la présence d’Anna Netrebko dans le rôle d’Abigaille, pour les concerts de juillet, a été confirmée, en revanche l’inquiétude concernant les conditions de travail des choristes persiste car les costumes prévus par Stefano Poda sont encore plus lourds (11 kilos) et inconfortables que ceux d’Aïda et les fortes chaleurs risquent d’être de la partie.

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Pourtant, l’organisation du festival d’Opéra des arènes de Vérone a fait appel à une entreprise milanaise spécialisée dans la surveillance du « stress thermique » des employés. Pour la création des costumes de Nabucco notamment, un contrôle très strict a été observé, imposant des critères d’utilisation de fibres naturelles et de matériaux techniques comme ceux utilisés pour le sport de haut niveau.

Par ailleurs, depuis le 6 juillet, des mesures de paramètres physiologiques (rythme cardiaque, température corporelle…) sont réalisées lors de chaque représentation sur des choristes, figurants et danseurs à l’aide de brassards/capteurs.

Philippe Gault

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