BERGONZI, LA CLASSE ABSOLUE

17 CD pour découvrir l’art de Carlo Bergonzi, le prince des ténors disparu cet été.

Modèle de bien des ténors, Carlo Bergonzi a marqué la plupart des rôles verdiens, ce que rappelle ce « Tout Verdi » édité par Decca et Philips, somme majeure que devra compléter le legs RCA, renfermant un palmarès encore plus précieux peut-être, avec des Ernani et Luisa Miller inégalés. Ici arrivent en tête le Don Carlo de Solti et son affiche luxueuse (Fischer-Dieskau, Bumbry, Ghiaurov), un Rigoletto d’un équilibre idéal (Scotto, Fischer-Dieskau, Kubelik), ou encore l’Aïda rutilante de Karajan (Tebaldi, McNeil). En revanche, La Traviata, avec la jeune Joan Sutherland, de même que la lecture à la cravache de Solti pour Un bal masqué (où Nilsson incarne une étrange Amelia) seront moins prioritaires que les intégrales RCA. Fin du fin, les trente et un airs de Verdi pour ténor (enregistrés plus tardivement) complétés d’un récital de 1957 (Verdi, Puccini, Cilea) sont, eux, d’une classe souveraine : ligne, musicalité, diction, beauté et homogénéité des moyens, tout y est ; voilà donc le coffret parfait pour découvrir ce prince des ténors (Decca 17 CD 478 7373. CHOC), à moins que « Carlo Bergonzi The Sublime Voice » ne vous offre le condensé suffisant (Decca 2 CD 478 75 84. Universal. ****), avec des extraits d’intégrales de Madame Butterfly, La Bohème, La Gioconda, Adriana Lecouvreur ou Pagliacci.