La revue de presse… Avec un clivage marqué sur l’islam face à la recrudescence de l’antisémitisme…
Enfin ! lance Le Figaro…
Enfin, face à l’antisémitisme cultivé par l’islam radical, des voix se lèvent, des consciences se réveillent, des mots justes sont prononcés…
Allusion au Manifeste publié par Le Parisien dimanche.
Mais Libération et La Croix n’ont pas la même lecture de ce Manifeste et ne disent pas « enfin ! »
Le Manifeste contre le nouvel antisémitisme (signé par 250 personnalités, de gauche, de droite) ? Malgré ses bonnes intentions, un brûlot qui attise l’incendie qu’il prétend éteindre, selon Libération qui titre La fracture..
Pour La Croix aussi, qui prend soin de titrer « Les religions face à l’antisémitisme » (alors qu’il est question de l’islam), le Manifeste est maladroit et contre-productif…
Pourquoi ? Parce qu’il suscite un sentiment d’incompréhension chez des musulmans… Des musulmans car certains, même des imams, l’ont signé !
Au cœur de la polémique, le sort qu’il faut réserver à certains versets appelant au meurtre des juifs (des chrétiens et des incroyants)…
Polémique d’ordre théologique : le Coran est-il amendable ?
Le Manifeste appelle les autorités théologiques de l’islam à frapper d’obsolescence ces versets « insupportables », reconnait La Croix… qui s’empresse d’ajouter qu’ils sont aussi difficiles à entendre que certains textes bibliques…
Mais l’éditorial de La Croix, très prudent dès qu’on touche aux livres saints même si Vatican II a expurgé l’antisémitisme présent au sein du catholicisme)… l’éditorial de La Croix estime qu’il faut adopter « une attitude de respect » vis-à-vis de ces versets en faisant un effort de « contextualisation »…
Les signataires du Manifeste se défendent de toute stigmatisation des musulmans dans leur ensemble : il s’agit de prendre acte d’un antisémitisme nouveau en France, explique dans Libération Alain Finkielkraut qui ajoute : « Pour des juifs de ma génération, c’est stupéfiant ! Moi, je pensais vraiment que c’était fini, qu’on était protégé par Auschwitz »…
En Allemagne, Angela Merkel a aussi décidé de « mettre les points sur les i », comme le dit Alain Finkielkraut…
La chancelière a pointé un antisémitisme introduit, a-t-elle dit, par « des personnes d’origine arabe ».
Chez nos voisins, le sujet est devenu un thème récurrent dans les débats…
Le nouveau gouvernement vient de créer un poste de commissaire fédéral chargé de lutter contre ce phénomène, ce commissaire fédéral qui entrera en fonction le 2 mai, se donne notamment pour mission de « rendre le problème de l’antisémitisme plus visible ».
Action unique en son genre à Berlin aujourd’hui, rapporte La Croix : tous les Berlinois, hommes et femmes, sont appelés par la communauté juive de la ville à porter une kippa. Une initiative similaire est prévue dans quelques semaines à Francfort.
Dans la presse, vous avez trouvé un autre sujet qui relève du tabou…
Enquête de L’Express titrée « Prisonnières de leurs maris ».
Cloîtrées, surveillés de près, menacées d’être renvoyées dans leur pays… Enquête sur ces « femmes enfermées » par leurs époux lorsqu’elles arrivent dans le cadre du regroupement familial…
Les prénoms ont été changés, précise L’Express, remplacés par Nabila, Djamila ou Fadila…
Dans le monde associatif, souligne l’hebdomadaire, on affirme que l’enfermement touche tous les milieux, toutes les femmes. Pas question de distinguer telle ou telle catégorie sociale ou communauté, de peur d’alimenter une extrême-droite toujours prompte à récupérer des exemples pour étoffer son argumentaire…
Aérons-nous l’esprit avec les pages culture des journaux…
Guillaume Musso. L’écrivain le plus lu du pays (34 millions d’exemplaires vendus à 43 ans) a sa place dans la rubrique En vue des Echos puisque sort aujourd’hui son nouveau roman, le 16ème, La Jeune fille et la nuit…
Dans une interview à L’Express, l’auteur à succès explique qu’au stade où en est sa carrière, les droits d’auteur n’ont plus beaucoup d’importance… S’il a changé d’éditeur, passant de XO à Calmann-Lévy, c’est (dit-il) pour se mettre en danger, sortir de ma zone de confiance…
Argument qui fait rigoler son précédent éditeur, Bernard Fixot (saumâtre, comme l’écrivent Les Echos) : « Si à la lecture de son prochain livre, je découvre un nouveau Michel Tournier, Albert Cohen ou Stefan Zweig, alors je comprendrais ».
Les gens sont méchants dans l’édition… Et dans le monde culturel en général… La ministre de la Culture en sait quelque chose…
Françoise Nyssen, après l’acte d’accusation de Libération d’hier, répond-elle ?
La question sur sa place rue de Valois lui est posée par Le Monde, au détour d’une interview croisée avec l’homme de théâtre italien Roméo Castellucci (victime d’une censure récemment au Mans)
Question : vous êtes ministre de la culture depuis bientôt un an, êtes-vous à l’aise dans votre fonction ?
Réponse du tac au tac de Françoise Nyssen (qui prend dans la figure des accusations d’incompétence, d’incapacité à s’exprimer…) : « Les artistes nous disent le monde, nous éveillent et nous enrichissent »…
C’est plutôt hors contexte, mais voilà la preuve apparemment qu’elle n’est pas (bien qu’ancienne éditrice) dans la méchanceté elle…
Ou alors c’est encore de la prudence à la puissance 10. Mais elle ajoute tout de même que certains de ses projets (Le Pass culture pour les jeunes, la circulation des œuvres dans tous les musées…) heurtent des conservatismes dans « un petit cercle parisien, mais « j’irai jusqu’au bout ».
Michel Grossiord