Maurice André, un géant nous quitte

Et un coeur d’or demeure.
Je me souviens de cette rencontre avec Maurice André. Il se déplaçait avec des béquilles, il était fatigué, mais il avait tenu à venir à Lille, avec sa fidèle épouse, pour assister au concert des lauréats du Concours de trompette qui porte son nom. C’était un dimanche et j’étais venu recueillir ses réflexions dans les coulisses de la salle du Grand Siècle. Cet homme qui avait été acclamé par des publics du monde entier semblait un peu abandonné et n’intéressait plus beaucoup les média. Il avait fallu que j’insiste auprès de l’attachée de presse de sa maison de disques pour trouver un créneau tant il sortait des plans formatés de promotion, malgré le temps libre dont il disposait désormais, après plus de 10 000 concerts donnés sur tous les continents et plus de 250 enregistrements.
Une idole chassant l’autre, il s’est trouvé que les journaux et les radios n’ont parlé que du sacre de Jean Dujardin à Hollywood et fort peu de la mort de Maurice André. Pourtant, à la faveur d’un classement dont ils sont friands – ne serait-ce que pour célébrer la suprématie de leurs propres artistes- les Américains l’avaient élu « plus grand trompettiste » du monde devant Louis Armstrong et Miles Davis. Ainsi, pour nous, et forever, « the Artist » of the trumpet, c’est notre Momo national.