Marc Menant, la passion fortissimo

J’ai rencontré Marc Menant lorsqu’il officiait sur Direct 8. Il m’avait invité pour parler de luthiers et de lutherie, suite à un article que j’avais écrit dans Le Monde de la Musique. J’avais été séduit par son énergie, son enthousiasme et sa curiosité.
Quand nous avons commencé l’entretien dans les studios de Radio Classique, j’ai été un peu désarçonné par sa fougue, qui m’a fait l’effet d’un chien fou dévalant dans un magasin de porcelaine. Il s’en est rendu compte et m’a demandé s’il était dans le bon « tempo ». Je l’ai rassuré et les « petites madeleines » ont eu un effet calmant.
Il était visiblement heureux de partager ses disques préférés, de parler de son amour des femmes, de sa tendresse pour ses filles et du choc qu’il a éprouvé en découvrant la musique classique. De ce besoin de transcendance qui lui est apparu à ce moment-là. Un invité remuant, mais très sympathique et sincère. J’ai repensé à ce passage de La Règle du jeu de Renoir, quand Christine, la maîtresse de maison, confie à sa soubrette que l’amour sincère de l’aviateur André Jurieu la dérange : « C’est ennuyeux, la sincérité ! » dit-elle, sur un ton précieux et las. Ennuyeux, Marc Menant ne l’était pas, pour peu qu’on enfourche le cheval fou de sa passion débordante.
Voici son programme :
Les 3 « madeleines » Brel :Amsterdam
Brassens: la complainte des filles de joie
Françoise Hardy : mon amie la rose
Les classiques Mozart : Requiem dies irae
Gounod :Ave Maria
Carl Orf : O. fortuna
Zoltun Kordaly :Tancnoto Dancing song (disque
dirigé par Yvan Fisher)
Rachmaninoff : Sonate pour piano numéro 2 flat
mini op.36
Vangélis : musique du film 1492

Souvenirs « d’amour » Rimsky Korsakov : Le Vol du bourdon
Bach : messe en si mineur Gloria
Gloria
Mes obsèques : Beethoven : L’Hymne à la joie (Symphonie n° 9)