Le pianiste Geoffroy Couteau et le Quatuor Hermès interprètent Brahms

Décernés chaque semaine, les Trophées Radio Classique priment un nouvel album, mis à l’honneur notamment dans l’émission         « Tous Classiques » de Christian Morin.

 

Cette semaine : le pianiste Geoffroy Couteau se joint au Quatuor Hermès pour interpréter l’un des chefs-d’œuvre de la musique de chambre de Brahms : le Quintette avec piano en fa mineur.

 

En mars 2016, Geoffroy Couteau publiait une intégrale remarquée de l’œuvre pour piano seul de Johannes Brahms dans un coffret de six disques paru chez La Dolce Volta. En témoignent notamment ces Klavierstücke op. 76 choisis en complément de programme. Après cette somme, le pianiste confirme sa passion pour le compositeur avec la réalisation d’une intégrale consacrée à sa musique de chambre avec piano.

Œuvre protéiforme, le Quintette fut d’abord rédigé pour cordes seules dès 1861. En septembre 1862, Brahms le signale sous cette forme (avec deux violoncelles) à l’attention du compositeur Albert Dietrich avant de le transcrire pour deux pianos. L’année suivante, exécution à Baden, devant la princesse Anna de Hesse, dédicataire de l’œuvre. C’est alors que l’intuition de Clara Schumann lui fait deviner le point faible:

 

« C’est une œuvre si pleine d’idées qu’elle demande tout l’orchestre. Je t’en prie, revois-la encore ».

Son ami et critique Hermann Levi lui suggère l’équilibre piano/quatuor à cordes. Le compositeur suit ce dernier avis et achève cette ultime « ré-orchestration » durant l’été 1864. La création eut lieu le 24 mars 1868 avec Louise Japha au piano. Hermann Levi écrit alors au compositeur :

 

« Le Quintette est beau au-delà de ce que l’on peut dire… Il ne contient pas une note qui puisse faire soupçonner qu’il s’agit d’un arrangement… D’une œuvre monotone pour deux pianos, vous avez fait une chose d’une grande beauté, un chef-d’œuvre de la musique de chambre ».

Un avis auquel la postérité n’a pas manqué de souscrire… et auquel nos cinq jeunes musiciens français apportent un prolongement captivant, porté par une prise de son d’une grande présence.

 

Johannes Brahms : Quintette avec piano op. 34. Klavierstücke op. 76. Geoffroy Couteau (piano), Quatuor Hermès (1 CD La Dolce Volta)