Président de la Gaumont, Nicolas Seydoux est issu d’une famille d’industriels alsaciens et protestants, les Schlumberger, qui lui ont transmis des valeurs d’une grande fermeté morale : c’est par son travail que l’on réussit, quel que soit le patrimoine de la famille. Contrairement à la tradition catholique, qui considère l’argent comme un tabou, les protestants enseignent à leur progéniture, dès le plus jeune âge, le soin de gérer ses profits et de les utiliser à bon escient. L’argent n’est pas honteux, il n’est pas défendu d’en avoir, il est simplement vulgaire de le montrer. Les catholiques ont tendance à le cacher, à culpabiliser et à dissimuler leurs appétits en la matière. D’où des déchirements à la Mauriac dans certaines familles. Les protestants n’ont pas ce problème. On connaît l’histoire : un bateau protestant et un bateau catholique sont partis d’Europe, le premier s’est installé à New York, le second à Rio. Voilà aussi pourquoi le Canada anglais est plus riche que le Canada français (qui est plus imaginatif) ou que les Wallons sont moins puissants financièrement (mais plus créatifs) que les Flamands.
Chez les juifs, pour des raisons historiques dues en grande partie au mépris pour l’usure des catholiques, l’argent est devenu, par la force des choses, un moyen de domination. On se souvient de Marek Halter nous expliquant dans Passion Classique que « la seule manière de réussir pour un juif était de devenir banquier ou violoniste ».
Nicolas Seydoux a également parlé de l’image de la femme pour les protestants. Elle est plus idéalisée dans les pays catholiques (l’image de Marie mère de Dieu), mais sans doute plus respectée, mieux intégrée dans les pays protestants. D’ailleurs, Marguerite Schlumberger, l’une de ses ancêtres, a été présidente des Droits de la Femme et a défendu la cause des prostituées.
L’argent, les femmes, la religion, autant d’éléments qui sont au centre de la tragédie Strauss-Kahn qui agite autant les esprits actuellement. Oui, ce qui nous est présenté comme une série télévisée est une vraie tragédie. Il faudrait un Eschyle pour la raconter, nous n’avons que des journalistes.
Voici le programme de Nicolas Seydoux :
1°) Jean Sébastien Bach : Cinquième concert Brandebourgeois
1 er morceau Allegro
Nikolaus Harnoncourt
2°) Georges Bizet : Carmen
L’amour est un oiseau rebelle
Maria Callas & Georges Prêtre, Orchestre de l?opéra de Paris
3°) Georg Friedrich Haendel : Le Messie
O thou that tellest good tidings
Kathleen Ferrier & Adrien Boult, London Philarmonic Orchestra
4°) Franz Joseph Haydn : Concero N°1 pour violoncelle
Troisième mouvement Allegro molto
Mstislav Rostropovitch & Iona Brown, Academy of St Martin in the fields
5°) Wolfgang Amadeus Mozart : Don Giovanni
Acte II, scène 3, N° 6 : Deh, vieni alla finestra mio tresoro
Ruggero Raimondi & Lorin Maazel, Orchestre national de l’Opéra de Paris
Trois madeleines musicales (Enfance, adolescence)
1°) Jean Sébastien Bach : Jésus que ma joie demeure
Marie Claire Alain, organiste
2°) Charlie Parker Mood (1948)
Charlie Parker et son orchestre
3°) Charles Gounod : Faust
Le grand air des bijoux
Kiri te Kanawa & Sir Colin Davis, Orchestre des Bayerischen Rundfunks
Trois thèmes
1°) La vie
Beethoven IX ème symphonie
Ode à la Joie, Choral
Karajan et l’orchestre de Berlin
2°) L’amour
Certains l’aiment chaud
I Wanna Be loved by you
Marylin Monroe & Matty Malneck et son orchestre
3°) La mort
Schubert : Ave Maria
Barbara Hendricks & Sir Neville Marriner, Royal Philarmonic Orchestra