Elections européennes : « Je ne suis pas Madonna !  » a lancé Nathalie Loiseau, tête de liste LREM

Nathalie Loiseau, tête de liste pour La République en Marche aux élections européennes, était l’invitée politique ce jeudi 18 avril 2019 de Guillaume Durand, à 8h15. Elle attaque le bilan de Marine Le Pen et dénonce les contradictions de son parti entre les votes et les déclarations. L’ancienne ministre des Affaires européennes a également lancé une charge à Merkel qui dit ne pas comprendre la position du président Macron sur le Brexit. Ayant dirigé l’ENA, elle se dit favorable au fait de « bouger les lignes ». Elle regrette enfin les polémiques autour des dons pour la reconstruction de Notre-Dame

 

« Je ne suis pas Madonna. Je ne vais pas chanter sur scène » Nathalie Loiseau attaque avec virulence le bilan et les contradictions de Marine Le Pen

« Je ne suis pas Madonna. Je ne vais pas chanter sur scène. Je ne vais pas faire tourner des ballons sur mon nez. On me le demande pas non plus. Moi, je suis là pour expliquer aux Français ce que nous avons envie de faire » a expliqué ce matin Nathalie Loiseau. La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, lui a souvent reproché d’être une « technocrate ». Pour l’ancienne ministre des Affaires européennes, il s’agit d’une stratégie rhétorique visant à « essayer de déguiser ses faiblesses ». La tête de liste LREM assure vouloir changer l’Europe et savoir comment le faire. Elle s’est attaquée au bilan de Marine Le Pen sur les « 5 années qui se sont écoulées » : » C’était le premier parti de France , ils n’ont rien fichu et ils sortent avec 19 mises en examen sur une vingtaine de députés. Je ne ressemble pas à ça : tant mieux ! a-t-elle lancé. Elle a également dénoncé les contradictions entre les déclarations et les votes au Parlement européen notamment en matière de lutte contre le terrorisme. « quand il s’est agi de lutter contre le terrorisme, son parti à voter contre. Quand il s’est agi de voter le renforcement de nos frontières, hier, son parti à voter contre : ils ont toujours fait le contraire à Bruxelles et Strasbourg de ce qu’ils prônaient à Paris » constate-t-elle.

Le Brexit ou la position socratique : ce que je sais, c’est que je ne sais rien

« Aujourd’hui, ce qu’on sait c’est qu’on ne sait rien sur le Brexit » explique Nathalie Loiseau. Elle poursuit : on ne sait pas si les Britanniques vont participer aux élections européennes, on ne sait pas quand ils vont sortir et s’ils vont sortir ». Elle dénonce ce climat d’incertitude et ce « flou » qui n’est plus du « compromis mais de la compromission. » Elle assure par ailleurs qu’elle aurait préféré que les Britanniques restent dans l’UE mais elle déclare ne pas être là pour défendre leurs intérêts mais ceux des Français. « Ils ne savent plus où ils en sont. On ne peut pas le savoir à leur place ».

Merkel : la baisse de la croissance et l’inquiétude des entrepreneurs allemands

Alors que Merkel a déclaré ne pas comprendre la position du président Macron sur le Brexit, Nathalie Loiseau lui a répondu : « Plus on reste dans l’incertitude, plus la croissance baisse en Allemagne. Il faudrait peut-être que Madame Merkel se demande ce que pensent ses entrepreneurs qui aimeraient savoir quand est-ce que ça s’arrête et comment ça se passe » a lancé Nathalie Loiseau.

Suppression de l’ENA : donner « un coup de pied dans la fourmilière »

« Je suis favorable à ce qu’on bouge beaucoup plus les lignes. Je suis très heureuse qu’il y ait de la volonté politique » a assuré cette ancienne directrice de l’ENA. « J’ai été accueilli au départ par certains corporatismes et certains conservatismes en étant une femme de moins de 50 ans n’ayant pas fait l’ENA. J’étais un peu une saltimbanque ». Elle estime qu’il faut « s’attaquer réellement à la question de l’égalité des chances » et mettre un « coup de pied dans la fourmilière ». « Il y a beaucoup de travail à faire sur l’amont et sur l’après avec les carrière des hauts fonctionnaires ».

Polémique sur les dons : « c’est au-delà du compréhensible »

« Faire de la polémique au moment où il y a de la générosité : je ne comprends pas. Ce n’est même pas que je condamne, c’est que c’est au-delà du compréhensible ! » a déclaré Nathalie Loiseau. « Cette façon de diviser les Français, c’est insupportable ».

 

Arthur Barbaresi