Bruno Retailleau « Les primaires ont démontré que l’électorat de droite était uni »

Ce matin à 8h15 sur Radio Classique

Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat
Invité de Guillaume Durand

« Les primaires ont démontré que l’électorat de droite était uni »

A propos de la refondation de la droite

« Les idées mènent le monde. La gauche a trop longtemps donné le La et finalement a mis sous forme d’hégémonie la droite. »
(…)
« Aujourd’hui, nous avons eu deux échecs : La présidentielle et les législatives, j’étais de ceux qui pensait qu’on ne pouvait pas se contenter d’élire un nouveau président sans passer par la case réflexion. »
(…)
« La droite doit faire sa mue. Elle doit proposer aux Français une double réponse face à l’angoisse française et au pessimisme français. Ce pessimisme français vient de deux phénomènes : (…) Le chômage de masse et l’ascenseur sociale qui est en panne. »
(…)
« Nous n’avons pas fait le job, c’est ce qui a mené à l’échec en 2012 (…) et plus récemment. »
(…)
« Les primaires ont démontré que le l’électorat de droite était beaucoup plus uni que le chapeau à plume. Avec François Fillon, nous avions trouvé un projet qui était le barycentre des convictions de la droite, la liberté pour l’économie, l’autorité avec l’Etat et un certain nombre de valeurs civilisationnelles. »
(…)
« Avec le projet que l’on avait, nous avions fait 20 %, ce qui est énorme, monsieur Macron avait fait seulement 4 points de plus. »
(…)
« L’électorat de droite a imposé au leader de la droite un positionnement politique. »
(…)
« La droite doit répondre aux aspirations du peuple français. »

A propos de l’économie

« La réponse économique n’est pas ce qu’attendent les Français des Européens. La preuve en Allemagne, il y a moins de 4 % de chômage et 92 députés d’extrême droite. (…) Ce n’est pas en répondant uniquement à l’économie qu’on parvient à satisfaire les attentes collectives. »
(…)
« Quelle réponse apporte Emmanuel Macron à l’économie ? (…) Pour la dépense publique, il supprime 324 postes de fonctionnaires et sur le choc de compétitivité, les entreprises cette année et l’an prochain auront à payer 3, 3 milliards de plus de charges. »

A propos de Macron

« Il a écrit son livre avec le mot révolution, et il veut des transformations. Il ne révolutionne et ne transforme rien. »
(…)
« La croissance c’est maintenant et Macron bénéficie d’une forme de conjoncture astrale favorable et comme d’habitude en France, là où il faut accomplir l’effort pour qu’il soit moins douloureux en temps de croissance, on va repousser l’effort ; on ne le fera pas. »
(…)
« Il a une idée de l’anti-France. Il veut dynamiter un clivage et en même temps il ressuscite des vieux antagonistes. »
(…)
« Avec Macron, mieux vaut avoir un capital gagnant. Macron est très manichéen. »
(…)
« Je pense qu’il bénéficie d’un préjugé favorable de la part des Français et des électeurs de droite. »
(…)
« Les Français veulent que les choses réussissent. Ils ont un jeune président de la République, souriant, ils se disent « Finalement pourquoi pas lui ? » Le problème est qu’il interprète beaucoup plus qu’il n’incarne. »
(…)
« Pour l’instant, Macron oscille entre des discours éthérés, théoriques et en même temps avec des propos qui peuvent être très technocratiques. »

A propos de la mondialisation

« Si l’Europe doit avoir une raison d’exister c’est pour nous protéger de la mondialisation, or pour l’instant qu’a-t-elle fait ? C’est une passoire. »
(…)
« Les Américains qui vendent la mondialisation comme un article de commerce international sont ceux qui réussissent le mieux à protéger leur marché intérieur. Arrêtons d’être naïfs et béats. »