Bruckner : de Anton à Pascal

Pascal Bruckner et Olivier Bellamy sur Radio Classique
1. Pascal Bruckner serait peut-être un vague descendant du compositeur Anton Bruckner. Ça alors ! Entre le naïf et génial « Ménestrel de Dieu » et le sceptique philosophe des passions, peu de points communs. Pascal Bruckner préfère Bach au compositeur de la Symphonie « Romantique » ; on ne saurait l’en blâmer.

Certains auront peut-être été frustrés par la partie congrue accordée à la musique dans l’émission de Pascal Bruckner. Mais son programme était excellent et tout ce qu’il en disait portait la marque de l’intelligence. (J’en publie plus loin l’intégralité, histoire de raviver les regrets…) Mais avec un sujet aussi riche que l’amour, comment faire court ? Certes, l’amour, il vaut mieux le vivre qu’en parler et la musique nous en apporte une trace plus prégnante encore que les mots. Mais Le paradoxe amoureux que Pascal Bruckner a publié chez Grasset, loin de régler la question (le faut-il ?), nous permet d’y voir plus clair dans ses désordres, ses tourments qui auront poussé l’homme à tenter vainement de le domestiquer tentatives de le domestiquer au cours des siècles. Carmen (via Mérimée, Meilhac, Halévy et Bizet) nous l’a bien dit : « L’amour est enfant de bohème / Et n’a jamais connu de loi ». Une autre citation peut nous faire réfléchir : « Il y a des gens qui ne seraient jamais tombés amoureux s’ils n’avaient entendu parler de l’amour ». Voilà une belle introduction pour entrer dans le monde des paradoxes de notre condition.

2. Je profite de ce blog pour prévenir les admirateurs de la pianiste Martha Argerich que la biographie que j’ai écrite sur cette grande artiste paraîtra le 18 février chez Buchet-Chastel. Son titre : Martha Argerich – l’enfant et les sortilèges. Elle est en vingt-deux chapitres, qui suivent ses errances géographiques, artistiques et intérieures. Cela commence à Buenos-Aires et cela « finit » à Paris. A cette occasion, j’irai à la rencontre des amoureux de la musique et je l’espère des auditeurs de Passion Classique, dans plusieurs librairies (la liste est encore ouverte !) et dans quelques Fnacs. Notamment Angers, Nantes et Rennes. Ainsi qu’à la librairie Ombres blanches à Toulouse… J’espère vous y rencontrer. Le livre sera aussi en vente dans la boutique Radio Classique) sur le site Internet de votre radio préférée et je dédicacerai chacun d’entre eux.

Voici le programme de Pascal Bruckner :

– son morceau classique préféré :

Bach, bwv 1052, allegro, par David Fray

– 3 madeleines musicales (pas forcément classiques) qui lui rappellent

son enfance:

– Avec le temps, de Léo Ferré

– Respect, Aretha Franklin

– She’s leaving home, The Beatles

– 6 morceaux classiques

– Stabat Mater de Vivaldi (début) Bowman

– Laudate Dominum de Mozart, messe du couronnement

– Kindertotenlieder (3) de Gustav Mahler, par Kathleen Ferrier

– una furtiva lagrima, dans l’Elixir d’Amour de Donizetti (avec

Pavarotti)

– le début de la passion selon Saint-Jean de Bach

– cantate 131 de Bach « Aus der Tiefe rufe ich, Herr, zu dir »