Abd al Malik, artiste donc prophète

« Aime la France si tu veux qu’elle t’aime. » Voilà qui est plus beau et plus profond que : « La France, on l’aime ou on la quitte. » Celle qui a dit ces mots n’est pas un politique, mais une mère d’origine congolaise élevant seule ses enfants dans une cité du quartier nord de Strasbourg. La mère d’Abd al Malik, poète et musicien, qui s’exprime à travers le rap et le slam, chantre du soufisme, croyant en un islam doux et intégré, amoureux de son pays. Un islam qui est « une chance pour la France » tout comme le judaïsme et a fortiori la chrétienté. Un ministre qui dérape, ce n’est pas la France. Un acte terroriste au nom de croyances extrémistes, ce n’est pas l’islam. La Saint-Barthélémy, ce n’est pas les Evangiles. Vichy, ce n’est pas la France. Etc.
Rarement quelqu’un aura aussi bien parlé de la France, de sa mystique – telle que Chateaubriand aurait pu en parler, avec les mots d’un poète inspiré – qu’Abd al Malik durant cette émission. Sommes-nous loin de la musique ? Non, nous sommes dans son essence profonde. Car la musique est une, indivisible, pure, malgré ses genres, ses codes, ses clivages, ses querelles de clocher, qui ne sont que l’écume des choses.
Voici son programme :

– Jules Massenet, Méditation de Thaïs
– Samuel Barber, Adagio pour cordes
– L’Adagio d’Albinoni
– Claude Debussy, Rêverie

Pour les « madeleines »:
– Jacques Brel, J’arrive
– Nina Simone, Feeling Good
– Miles Davis, So What