C’est une littérature qui n’est vieille que de deux petits siècles, mais que de chefs-d’œuvre on y trouve ! Inlassable lecteur de littérature américaine, Bruno Corty nous sert de guide à travers ce vaste paysage de mots, grâce à un riche Dictionnaire amoureux qui paraît chez Plon.
Elodie Fondacci s’est entretenue avec Bruno Corty
Elodie Fondacci :
Bruno Corty bonjour. Vous êtes rédacteur en chef du Figaro littéraire et surtout passionné depuis toujours par la littérature américaine. Vous lui consacrez un Dictionnaire amoureux délibérément partial, subjectif, passionné, comme le sont tous les livres de cette collection. Et on lit votre livre un crayon à la main pour noter les titres de tous les romans que vous nous donnez envie de découvrir ! Comment vous est venue cette passion ? Vous qui avez lu tellement de livres dans votre carrière, pourquoi êtes-vous particulièrement amoureux de la littérature américaine ?
Bruno Corty :
Déjà dans mon enfance, l’Amérique était là. Elle n’était pas là au début avec les livres mais avec les films, avec les chansons, avec le cinéma. L’Amérique est arrivée à moi comme cela. Petit, j’ai vu les grands films comme Le jour le plus long. Dans ces films de guerre, c’était l’Amérique qui arrivait, les Américains qui débarquaient ! Plus tard je suis arrivé aux romans de guerre, mais avant cela il y a eu les chansons : Joe Dassin qui chantait l’Amérique, Sardou qui chantait les Ricains… J’étais gamin à cette époque-là. Je suis né 18 ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, c’est très proche. Lorsque vous êtes gamin vous jouez aux petits soldats. Nos petits soldats c’était quoi ? C’étaient des soldats de plomb qui étaient des soldats américains avec les fameux casques ! On n’y connaissait pas grand-chose enfants, mais on jouait à la guerre de Sécession : les soldats gris contre les soldats bleus, les sudistes contre les nordistes. L’Amérique était quelque chose qui relevait du rêve. On voyait Il était une fois en Amérique, Il est une fois dans l’Ouest au cinéma ; on voyait ces films de Francis Ford Coppola et l’Amérique nous faisait rêver. Même si derrière, dans les décors, il y avait tout ce qui est moche – le fait qu’elle s’est créée sur un génocide, sur des guerres, sur des expropriations, sur l’esclavage -, nous on ne voyait que la scène et elle était magnifique.
EF :
La littérature américaine est une littérature jeune : elle n’a que deux petits siècles. Vous teniez à évoquer en préambule ses pères fondateurs.
BC :
Oui. Je ne suis pas universitaire, donc l’idée n’était pas de raconter de A à Z Walt Whitman, James Fenimore Cooper et tous les autres… mais je voulais faire un rappel. Il n’y a que deux siècles de littérature américaine, c’est tout petit par rapport aux littératures européennes, mais c’est immense en même temps. C’était important pour moi de rappeler qu’Edgar Poe est finalement le père fondateur du roman policier, que Walt Whitman est LE grand poète qui va influencer tous les poètes de la « Beat Generation » et autres. Je voulais citer Nathaniel Hawthorne, Herman Melville évidemment, avec Moby-Dick même si peu de gens l’ont lu finalement. Puis la fameuse génération dorée qui viendra plus tard : Ernest Hemingway, William Faulkner, John Dos Passos, Francis Scott Fitzgerald. Il y a des grands moments dans la littérature américaine. À chaque siècle, il y a cinq, six auteurs prépondérants et il fallait quand même remettre un peu tout ça dans l’ordre et dire que tout partait de là, de ces gens-là.
EF :
Comment vous y êtes-vous pris ? J’imagine que l’écriture de ce Dictionnaire ce sont des lectures, des relectures ! Il vous a fallu revenir sur des livres que vous aviez lus adolescents, mais un peu oubliés. Combien de temps avez-vous passé plongé dans cette littérature ?
BC :
C’était un défi ! Grégory Berthier – qui dirige la collection – m’a dit : « Le festival America * a lieu tous les deux ans. Est-ce que tu penses pouvoir faire le job en un an ? » Je me suis dit qu’en six mois cela aurait été impossible, mais qu’en un an c’était jouable. Pourquoi ? Parce que, comme le dit Pierre Assouline dans un de ses Dictionnaires amoureux, nous sommes des journalistes. Par conséquent, nous sommes censés avoir écrit sur beaucoup de choses. Évidemment, l’idée n’est pas de reprendre des articles qui sont parus il y a 20, 30 ou 40 ans, cela n’aurait pas de sens, mais c’est d’avoir des bases et de s’appuyer sur celles-ci.
Ce Dictionnaire amoureux est par conséquent en deux parties. La première partie est sur ce que tout le monde peut avoir lu : Ernest Hemingway, William Faulkner… J’y donne mes coups de cœur de lecteur lambda. Et à côté de ça, il y a une deuxième partie qui est une sorte de bibliothèque idéale sur les années où j’ai été en activité comme journaliste littéraire. Entre 1988 et 2024 donc. J’ai regardé les livres que j’avais pu chroniquer pendant ces 36 années en me disant : « Qu’est-ce que je peux garder ? Qu’est-ce qui me paraît le plus important ? Qu’est-ce qui a tenu le coup aujourd’hui ? Quels livres est-ce que je pourrais relire ? » Et je les relisais d’ailleurs, en me disant : je ne me suis pas trop trompé, ce truc est vraiment génial ! L’idée, c’était donc, en toute modestie, de jouer le passeur. De se dire : j’ai adoré ce livre, je vous dis pourquoi et je vous conseille d’aller voir.
EF :
Vous citez justement les passeurs qui vous ont amené à aimer la littérature américaine. Notamment les éditeurs français qui ont été des découvreurs, des défricheurs : ceux qui sont allés chercher des romans inconnus que personne ne lisait à l’époque.
BC :
Complètement. Et là, j’avoue que j’ai eu beaucoup de chance parce que, en arrivant dans cette profession à 20 ans, je ne connaissais rien à rien. Il y avait quelques livres que j’avais lus, mais ce n’était rien. Donc oui, ces éditeurs ont beaucoup compté. Il y a ceux que j’appelle les grands seigneurs : Christian Bourgois tout d’abord, qui était vraiment un type formidable. C’était un homme qui parlait assez peu anglais finalement, mais qui avait du pif et qui était bien entouré. Il avait les auteurs de la « Beat Generation », Patti Smith, etc… tout était chez lui. Et puis il y avait Ivan Nabokov chez Plon qui lui avait Norman Mailer et autres. Francis Geffard aussi était un découvreur, un défricheur. Olivier Cohen, dans son registre, l’était aussi. Lui a publié Richard Ford, Jonathan Franzen, Nicole Krauss…
Et bien sûr il y avait aussi les éditeurs de romans noirs parce que la littérature américaine sans le roman noir n’existe pas finalement. J’ai eu cette chance très grande de rencontrer en 1988 François Guérif, le patron des éditions Rivages et de la collection Rivages/noir. Guérif c’est le type qui a publié plus de 1000 numéros de sa collection et qui a fait redécouvrir en France des auteurs comme David Goody, John Eric Thompson, William Irish… tous ces gens-là dont les textes avaient été massacrés en traduction à l’époque (souvent chez Gallimard, mais après tout Gallimard les a fait découvrir dans un premier temps). François Guérif a fait non seulement retraduire tous ces grands auteurs, mais c’est lui qui a fait arriver des auteurs comme James Ellroy. Sans François Guérif il n’y a pas de James Ellroy ! Et James Ellroy pour moi en 1988, – je le rencontre en 1989 de manière physique, mais je le découvre et je lis en 1988, l’année du Dahlia noir – c’est un choc. En fait, je commence cette profession de journaliste littéraire par un choc !
« La seule chose que je vois en commun entre tous ces auteurs, c’est l’idée de la violence. »
EF :
Vous citez bon nombre d’auteurs. C’est difficile, évidemment, de rapprocher un Paul Auster d’un Jack Kerouac, un William Faulkner d’un James Ellroy. Est-ce que pourtant vous diriez que ces écrivains américains ont un point commun ? Au-delà évidemment de la nationalité, est ce qu’ils ont quelque chose qui serait différent des écrivains européens ?
BC :
C’est une bonne question à laquelle je ne suis pas certain de pouvoir répondre. Ces auteurs sont vraiment aux antipodes les uns des autres. Vous avez cité Paul Auster mais qu’est-ce que Paul Auster a de commun avec Jim Harrison ? Je ne vois pas. Qu’est-ce que Jim Harrison a de commun avec James Ellroy ? Je ne vois pas non plus. On pourrait les catégoriser mais c’est un peu absurde. Les écrivains des villes et puis les écrivains des champs, des campagnes ? Ça ne marcherait pas non plus. À vrai dire, je ne vois pas de point commun. Ou bien si, peut-être qu’il pourrait y en avoir un : c’est que ce pays jeune, cette jeune littérature se sont construits l’un et l’autre sur la violence, sur les guerres, sur les conflits, et ça ressort dans toute la littérature américaine du début à la fin. De la Lettre écarlate qu’on met sur l’étoffe de cette femme adultère jusqu’à aujourd’hui, la violence est omniprésente. Pour moi, cela pourrait être le point commun à tous ces auteurs. Parce qu’il n’y a pas un livre qui vous raconte la mélodie du bonheur, cela n’a aucun sens ni intérêt. La seule chose que je vois en commun entre tous ces auteurs c’est l’idée de la violence : à la fois de ce souffle incroyable et de cet infini de possibilités. On peut tout faire quand on va là-bas : on le voit tout de suite que tout est possible là-bas. Y compris le pire.
EF :
Vous avez quand même eu la tentation, j’imagine, de faire des classements. Par famille, par thème ?
BC :
Bonne question ! L’éditeur m’avait dit : « J’imagine que tu vas faire les mouvements, les écoles ? ». Je lui ai répondu que j’allais regarder, mais très sincèrement je me suis aperçu que ça ne fonctionnait pas. Bien sûr, c’était évident qu’on pouvait regrouper les auteurs de l’école du Montana, comme on l’appelait à la fin des années 1990. Ou ceux de la « Beat Generation ». On pouvait regrouper pourquoi pas les auteurs qui écrivent sur ce qu’on appelle le Grand Dehors : tout ce qui est la nature, la pêche… Mais pour le reste, ce n’était pas si pertinent.
Si vous essayez de faire une école juive du roman par exemple, comme cela a été fait dans les histoires de la littérature américaine, vous vous heurtez tout de suite à ce que Philip Roth disait : « Mais jamais de la vie. Je ne me considère pas comme ça et ça n’existe pas ». Saul Bellow qui était son maître – prix Nobel de littérature – disait la même chose. Je n’ai donc pas voulu faire cela.
De même, pourquoi faire une école noire du roman ? Cela n’a pas de sens. Évidemment que les auteurs noirs ont un point commun, mais ça ne suffit pas. À un moment, je me suis mis à lire des romans « gays » avec l’optique de faire une entrée, mais ça ne tenait pas non plus la route. C’est comme si on décidait de faire une entrée sur le roman hétéro, c’est absurde. Il y a bien sûr des romans gays qui sont passionnants dans la littérature américaine, mais de là à les lier, ça n’allait pas. De même, j’ai constaté tout au long de mes lectures que l’inceste est un thème qu’on retrouve beaucoup, chez des grands auteurs comme William Faulkner, Cormac McCarthy ou Edgar Poe mais c’est difficile de l’expliquer donc je ne l’ai pas fait. J’ai pensé à rassembler les écrivains alcooliques aux Etats-Unis et les écrivains suicidés, il y en a pléthore. Il me semble que c’est même l’une des littératures où il y a le plus d’auteurs qui se suicident, mais il y a ceux qui se suicident de manière franche comme Hemingway et puis ceux qui se suicident à petit feu, comme ce pauvre Kerouac. Encore une fois, cela n’avait pas de sens. J’ai essayé par thème aussi : par exemple, faire une entrée sur New York ou sur Paris, mais c’était tellement riche que j’ai dû éliminer des romans. Pour New York, je me suis arrêté à dix livres. New York en dix livres, voilà.
EF :
Quelque chose qui, pour le coup n’est pas du tout européen mais très américain, c’est la nouvelle. On ne trouve pas beaucoup cette forme littéraire en France. Alors que la littérature américaine regorge de ces shorts stories.
BC :
Tout à fait, en France pourtant à l’époque de Maupassant c’était une littérature reine. Après, même aux Etats-Unis ce genre de la nouvelle est en train de tomber un petit peu en désuétude. Et que ce soit aux Etats-Unis ou en France, on donne toujours le même argument : les lecteurs n’aiment pas ça. Moi je suis désolé, mais je pense que c’est une hérésie, c’est absolument faux de dire ça. Lorsque vous lisez les nouvelles de Salinger, par exemple, qui va pouvoir dire que ce n’est pas intéressant ? La nouvelle est un genre passionnant ! Prenez Nicole Krauss – l’une des grandes romancières américaines du moment – elle a publié il y a deux ou trois ans un recueil qui reprenait ses nouvelles sur une période de 20 à 30 ans. Ce recueil est absolument formidable et je défie quiconque de me dire que ce n’est pas de la littérature ou que ça n’a pas d’intérêt. Le genre de la nouvelle est, je trouve, assez passionnant. Ce que font de plus en plus souvent les éditeurs, – notamment Geffard -, c’est de publier un recueil de nouvelles et un roman en même temps, parce qu’on a là tout le spectre du talent d’un auteur. D’ailleurs, on peut être un très bon romancier et un mauvais nouvelliste et vice-versa.
EF :
Nous sommes à la veille des élections américaines et les écrivains sont souvent des sismographes qui captent les oscillations souterraines d’un pays. Quels livres nous conseillez-vous pour comprendre ce qui se joue aux États-Unis en ce moment ?
BC :
Pour ce qui est d’aujourd’hui, c’est difficile à dire. C’est fou ce qui se passe aux Etats-Unis ! Mais ça ne date pas forcément d’aujourd’hui avec Trump, ça a toujours été fou. Je pense que lire les romans de James Ellroy sur l’Amérique des Kennedy peut éclairer, bizarrement, ce qui se joue en ce moment. Ellroy voit tout ça comme un théâtre. Et moi aussi d’ailleurs. Il y a la scène sur laquelle s’expriment des personnages qui incarnent le peuple, et en coulisse il y a les metteurs en scène qui sont les patrons des grands journaux, les grands juges, les politiques : des gens qui tiennent les ficelles, qui manipulent tout ce petit peuple sur scène. Je pense que ça a toujours existé aux Etats-Unis et que c’est ce qui arrive aujourd’hui avec Trump. La tentative d’assassinat sur Trump on la retrouve avec Kennedy, sauf que sur Kennedy, elle a marché. Là, il y a notre ami Biden qui démissionne tout à coup. Ça entraîne une élection différente de celle qu’on imaginait. Il y a des chocs très violents. Je pense que lire James Ellroy permet de comprendre la puissance de ce pays mais aussi la puissance de cette démocratie malgré tout. Ce qui est arrivé au Capitole il y a quelques années aurait pu transformer ce pays en un pays fasciste par un coup d’Etat. Mais finalement ça n’a pas eu lieu. Ça a été impressionnant de voir défiler ces hordes sur le Capitole, mais cette démocratie avec tous ses défauts, a tenu. Selon moi, James Ellroy est un des écrivains qui ressent les choses – vous parliez de sismographes, de sismologues, c’est exactement ça. Ce n’est pas un intellectuel, c’est quelqu’un qui ressent et qui a des intuitions. Dans son dernier livre, qui sort en cette rentrée*, il raconte la mort de Marilyn Monroe mais aussi tout ce qu’il y a autour, parce que qui dit cinéma dit politique, dit manipulations, avec le FBI de J. Edgar Hoover qui surveille tout cela. Tout est imbriqué. Et Ellroy le montre très bien.
« On retombe toujours dans une certaine fatalité de la violence avec les Etats-Unis »
EF :
On parle beaucoup d’un livre en ce moment : Hillbilly Élégie, puisque son auteur J.D. Vance pourrait devenir le futur vice-président des États-Unis si Trump s’avérait être élu. Son livre parle de fracture sociale, de déclassement. Un thème qui revient souvent dans la littérature américaine.
BC :
Oui, beaucoup d’auteurs très importants, même s’ils sont aujourd’hui peu lus comme John Dos Passos avec Manhattan Transfer ou Trilogy USA, parlent de la fracture sociale américaine et parlent de ces guerres, la première, la deuxième… L’Amérique qui gagne la Première Guerre mondiale alors qu’elle arrive à la fin du conflit en sort toute-puissante. Puis les choses vont aller en se détériorant jusqu’à la crise de 1929 qui est une déflagration sans précédent. Cela mène jusqu’à Pearl Harbor : l’Amérique se refait une santé avec la deuxième guerre mondiale et devient une puissance colossale, la première puissance mondiale, avant que la Guerre Froide arrive. C’est ce qu’on disait tout à l’heure, on retombe toujours dans une certaine fatalité de la violence avec les États-Unis. John Dos Passos raconte très bien comment les grèves sont réprimées, c’est d’une grande violence. L’affaire Sacco et Vanzetti, par exemple, les anarchistes arrivent aux États-Unis et il faut s’en débarrasser, puis les listes rouges du maccarthysme car les États-Unis imaginent un complot communiste. On retrouve chez John Dos Passos cette notion : tout à coup, l’espèce de puissante machine se rebelle et décide que non, il n’y aura pas de rouges, pas de communistes. Ou alors quand Ellroy raconte comment les Américains d’origine japonaise sont internés dans des camps, juste après Pearl Harbor. Ce n’est pas rien, c’est l’Amérique qui se dit : attention, les côtes ne sont pas loin, le Japon va nous envahir, prenons des mesures. C’est fou de voir cela, ce sont toujours les deux pendants entre une démocratie et en même temps, quelque chose qui fait très peur.
EF :
Vous avez beaucoup relu pour préparer ce Dictionnaire amoureux mais y a-t-il un livre qui a été une totale découverte ? Quelque chose que vous n’aviez jamais lu auparavant ?
BC :
Oui. La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole. J’en avais entendu parler cent-cinquante fois sans avoir l’occasion de me plonger dans ce livre. J’avoue y avoir pris un plaisir incroyable. C’est un livre absolument hilarant tout en étant assez fort. L’auteur a mis dans ce livre beaucoup de lui. C’est quelqu’un qui a beaucoup souffert puisqu’il est allé jusqu’à se donner la mort lui aussi, très jeune. Il n’avait pas trouvé d’éditeur. Ce roman n’a été publié que parce que sa mère, après le suicide de son fils, a écumé les maisons d’édition ; elle s’est battue parce qu’elle voulait réparation. Et heureusement elle a réussi. C’est l’histoire d’un homme énorme dans le sud des Etats-Unis, qui est absolument à mourir de rire car c’est un personnage grotesque et en même temps ogresque. Il lui arrive toute sortes d’aventures, c’est drôlissime, c’est un livre formidable. Je pense que tout le monde devrait le lire, au même titre que tout le monde a lu L’Attrape-cœurs. D’ailleurs, John Kennedy Toole a eu le prix Pulitzer à titre posthume ce qui est assez rare. Sans conteste, La Conjuration des imbéciles est un livre culte de la littérature américaine.
- * Le Festival America : festival des littératures d’Amérique du Nord (Antilles, Canada, États-Unis et Mexique) qui se déroule tous les deux ans à Vincennes.
- * Les Enchanteurs. James Ellroy. Sophie Aslanides (Traducteur), éditions Rivages
Le Dictionnaire amoureux de la littérature américaine, publié chez PLON par Bruno Corty.