« Portrait du fugitif »

Hermann est un jeune étudiant en droit parti poursuivre son cursus en Angleterre.

Il étudie avec un de ses amis d’enfance, Sébastien, dont il admire l’esprit et la poétique. Un jour, Sébastien disparaît sans laisser de trace. Son absence hante le narrateur qui tente de reconstituer la vie de son camarade disparu grâce à ses lettres et son journal intime. Il y découvre l’amour passionnel qu’il vouait à Clara, la rencontre avec un oncle qui lui remet un objet précieux et dangereux, les longues nuits blanches passées dans le Paris des années 90. Sébastien est une sorte de figure rimbaldienne des temps modernes, à la fois rebelle et idéaliste, détaché du petit monde parisien, imprégné d’absolu, de musique, de quête de soi. Son esprit butte contre la petitesse de son milieu, il poursuit un idéal, qui prend tour à tour les traits de Clara, de son père inconnu, d’un engagement dans la guerre des Balkans qui fait les gros titres de la presse. Partir pour Sarajevo, défendre l’opprimé, se battre pour la liberté. Telle est l’ultime mission que se donnera ce jeune poète en mal de sens. Un quart de siècle plus tard, c’est à la mémoire de Sébastien qu’Hermann consacre sa plume. Parce que tant que le souvenir de son ami rayonnera dans sa galaxie intime, le narrateur de ce roman se sentira vivant.
Après son remarqué Murmures à Beyoglu, David Boratav nous offre  avec ce second livre une  fresque magnifique sur la jeunesse et sa recherche d’absolu. Ce livre, sélectionné pour le prestigieux Prix Médicis dans la catégorie « romans français »  est l’une des pépites de cette rentrée littéraire 2016. A lire absolument ! 
« Portrait du fugitif » de David Boratav, aux éditions Phébus