A fleur de peau

En cette rentrée automnale, le musée du Luxembourg nous fait découvrir un artiste injustement oublié du grand public : Henri Fantin-Latour. Ce peintre réaliste et intimiste du XIXe siècle est connu pour ses natures mortes et ses portraits qu’il peint à la manière d’un photographe pour immortaliser le moment.

C’est la première rétrospective dédiée à l’ensemble de l’œuvre de Fantin-Latour à Paris depuis l’exposition de référence qui a eu lieu au Grand Palais en 1982. L’exposition s’ouvre chronologiquement sur la jeunesse de l’artiste, en s’intéressant aux années 1850-1860 avec les portraits qu’il dessine dans l’intimité de son atelier. Puis, viennent les natures mortes qui révèlent la qualité d’observation de Fantin-Latour, parvenant à dégager la beauté dans la simple réalité des choses. L’exposition s’intéresse ensuite aux années 1864-1872, période flamboyant pour le peintre qui réalise de nombreux portraits de groupe [Un atelier aux Batignolles, 1870 ou Coin de table en 1872]. Enfin, c’est sur ses œuvres « d’imagination » que l’exposition termine. Fantin-Latour se « fait plaisir » avec ses dernières toiles, selon ses propres termes dans une lettre adressée à Edwards en 1869. Dans ces tableaux, Fantin-Latour exprime son amour pour la musique, ses inspirations mythologiques et sa fascination pour le corps féminin.
Fantin-Latour est un peintre tout en nuances, parfois très austère et soudain féérique. Il nous transporte dans la richesse de ses natures mortes et de son imaginaire. Cette exposition est une véritable douceur picturale qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte.