J’ai une passion, je l’avoue, pour la grande tradition des compositeurs-arrangeurs de la chanson française. C’est de l’art appliqué, pas un art majeur, mais quand c’est bien fichu, ça dure et ça prend de la patine. Habiller un air de trois sous et des vers de mirliton avec une science de prix de conservatoire, c’est faire entrer les règles de la haute couture chez le fripier du coin. Parfois c’est le contraire : une pièce unique d’une dentellière de génie bénéficie de la puissance de vente du prêt-à-porter et se retrouve chez monsieur et madame tout le monde. Ceux qui savent tout faire, à la demande, sans se monter du col, me fascinent. Parfois ces faiseurs de l’ombre rencontrent un grand de la chanson et alors un miracle s’accomplit. De Claude Nougaro à Roberto Alagna en passant par Nemanja Radulovic, l’ami Yvan Cassar a plus d’un tour dans son sac. Il est à bonne école et appartient à la famille des fontaines à musique qui donnent tantôt de l’eau pour étancher sa soif tantôt du champagne qui se garde en cave pour les grandes occasions et fait pétiller les moments rares.
Voici son programme :
Madeleines :
Nougaro, L’Ile Helene
Peter Gabriel, Passion – The Feeling Begins
Miles Davis, Kind of Blue – So What
Titres :
Leoncavallo Paillasse, Air (Alagna Ma vie est un Opera )
Stravinsky, L’Oiseau de Feu, Suite 1919 Danse infernale Katschei (Abbado London Symphony Orchestra)
Nemanja Radulovic, Carnets de voyage – Sabre Dance
Couperin, Livre 2 Les Barricades Mysterieuses (6ème ordre), Tharaud Tic Toc Choc