1. Wladimir Yordanoff est ce qu’on appelle un « second rôle » au cinéma. Dans cette catégorie, il est l’un des tout premiers. On peut le voir dès mercredi dans Le hérisson, film tiré du livre à succès L’élégance du hérisson de Muriel Barbery, où Josiane Balasko tient le premier rôle.
Son père n’est autre que Luben Yordanoff, qui a été premier violon solo de l’Orchestre de Paris sous Munch, Karajan, Solti et Barenboïm. La grande époque, comme on dit. Enfant, il était contre la musique, tout contre…
J’ai rencontré Wladimir lors d’un concert du Quatuor Modigliani (que j’adore) à la salle des Glaces, un lieu extraordinaire situé dans un passage du 9e arrondissement. Michel Blanc nous a présentés et j’ai tout de suite été séduit par sa classe naturelle et son humour discret. Lorsque Christophe (le chanteur) a annulé son émission, j’ai tout de suite appelé Wladimir pour lui proposer de le remplacer au pied levé. Il ne s’est pas contenté de venir, il nous a préparé un programme très construit et fort intéressant (j’attends le jugement dernier de Roberto, fidèle blogger, avec impatience).
2. Lundi, le concert de Maria Joao Pires, au théâtre des Champs-Elysées, était à marquer d’une pierre blanche. Sublime musique, extraordinaire pianiste. A l’entracte, une dame m’a abordé très gentiment pour me dire qu’elle était une fidèle auditrice de l’émission. Cela m’a fait très plaisir. Comme elle avait assisté au premier des concerts du Festival Radio Classique, elle a ajouté avec humour qu’elle était professeur d’anglais et qu’elle me donnerait volontiers des cours gratuits. Mon accent très Maurice Chevalier en interrogeant Yudja Wang et Dong Hiek Lim avait provoqué l’hilarité spontanée de la salle, qui, au lieu de me troubler, m’a considérablement détendu.
Quelques instants plus tard, c’est un charmant garçon de seize ans, une étoile de David autour du cou, Adrien, qui m’a demandé si je n’étais pas moi. Fidèle de l’émission, il joue du piano (des études de Chopin ! la 3e Sonate !) et regrette de ne pouvoir échanger sa passion de la musique qu’avec ses grands-parents. Moi, j’étais heureux d’avoir un auditeur aussi jeune. Si Gérard Mortier s’est plaint que l’Opéra de Paris n’a pas (toujours) le public qu’il mérite, je me réjouis personnellement d’avoir des auditeurs formidables que j’espère ne jamais décevoir.
3. A propos de Gérard Mortier, l’un de vous s’est étonné, en termes courtois, de « l’agressivité » de mon billet, qui tranchait avec le ton de l’interview. Ceux qui me connaissent ne s’en étonnent pas, les autres ont droit à des explications. Dans ce blog, j’essaie de donner un sentiment « à chaud » de la manière dont j’ai ressenti l’invité. J’essaie d’être le plus sincère possible. J’ai le plus grand respect pour le travail de Gérard Mortier, mais je trouve son discours d’une suffisance insupportable. Et le militantisme artistique m’ennuie terriblement. Pendant l’interview, je ne pense pas avoir été complaisant, mais ce n’est pas le lieu pour s’affronter et mon rôle n’est pas de lui dire mes « quatre vérités ». Sur ce blog, on peut parler plus librement, donner justement un contrepoint à l’émission. Ceux qui ne partagent pas mon sentiment ont la possibilité de répondre .
Voici le programme de Wladimir Yordanoff :
Bach : Messe en si « Agnus Dei » par Alfred Deller (Vanguard)
Madeleines
Mélodie d’Ophée de Gluck au violon par Oïstrakh
Kreisleriana de Schumann – 1ère plage (Horowitz)
Opéra de 4 Sous « Canonen Song (version L. Lenya)
Mozart : Gran Partita « Adagio » – Marriner
Beethoven : Sonate op. 111 – Arietta – Yves Nat
Mahler : Symphonie « Titan » 1er mvt – Horenstein
Debussy : La terrasse des audiences du clair de lune (Arrau)
Dutilleux : Symphonie n° 1 – 2e mvt
Ligeti : L’escalier du diable (13e étude)