Wagner au MET

Autrefois disponibles en microsillons clandestins techniquement impossibles, les « broadcasts » wagnériens du Met nous reviennent, idéalement édités.

Parmi les neuf opéras refourbis, un absent de marque, Parsifal, dont pourtant existe une captation avec Melchior et Flagstad, les deux dont la conjonction en milieu d’années 1930 a fondé un âge d’or wagnérien et carrément sauvé le Met de la banqueroute. Quelques absents, de marque aussi, chez les interprètes, Lotte Lehmann, Sieglinde unique ; Herbert Janssen, Wolfram uni­que ; Helen Traubel, Américaine pourtant, qui censément succédait à Flagstad ; et Kipnis, la plus royale des basses, ici remplacé par Emanuel List, ou moins. Sont mises très en valeur Marjorie Lawrence, Varnay, dans les rôles qu’on ne lui connaît pas de Bayreuth, et la plus modeste Harshaw. Pour Rheingold, Holländer et Tannhäuser on a préféré des prises d’après 1950 : avec Reiner ou Szell à la tête d’un orchestre de bout en bout superbe, la nouvelle donne des chanteurs, Hotter Wotan et Hollandais, Vinay Tannhäuser, London Wolfram, Schöffler Sachs et Los Angeles Eva. Largement d’avant guerre (et pouvant fluctuer en son) du fabuleux : Bodanzky au pupitre, Melchior, Flagstad, Schorr et Thorborg en Erda dans un Siegfried de 1937, un survivant irremplaçable ; une Lawrence agile, électrisante dans un Crépuscule de 1936 avec Melchior, Schorr en Gunther, Hofmann en Hagen ; le couple idéal dans le Tristan de 1938 avec Branzell sublime. Du temps de guerre on aura une Walkyrie de 1940 : Lawrence est une copie victorieuse plus svelte de la Sieglinde de Lehmann (profondeur de timbre en moins) avec Flagstad, Melchior (son " Wälse " !) et en Wotan un assez remarquable Julius Huehn aussitôt après disparu.
Dans le Lohengrin de 1943, Varnay destinée à devenir l’Ortrud n° 1 fascine en Elsa, Thorborg lui opposant (leur duo !) sa non moins fascinante Ortrud, et Melchior trouvant encore dans le piano des sonorités magiques. À noter le rare Sved, Telramund épique. Leinsdorf conduit. Par chance les absolument meilleures soirées wagnériennes de cette période sont très généralement accessibles par ailleurs. Ce coffret offre donc sur la continuité et le renouvellement wagnériens au Met un panorama admirablement constitué. Ce qui reste d’un âge d’or, le clou discographique du bicentenaire.
Wagner at the Met
CHOC
Les productions légendairesdu Metropolitan Opera de New York : Le Vaisseau fantôme (1950). Tannhäuser (1954). Lohengrin (1943). L’Or du Rhin (1951). Walkyrie (1940). Siegfried (1937). Le Crépuscule des dieux (1936). Tristan et Isolde (1938). Les Maîtres chanteurs de Nuremberg (1953)
Solistes et chefs divers
Sony 15 CD 88765427172. 1936-1954. 27 h 36′ et 17 Rééditions