J’ai eu du mal à obtenir le programme de Marianne James. Elle venait de poser nue dans Gala et comme son portable ne cessait de sonner, elle l’a coupé. Même son attaché de presse avait du mal à la joindre.
C’est un véritable personnage. Egocentrique, généreux, démesuré. Lorsqu’elle entre dans une pièce, on ne voit plus qu’elle, on n’entend plus qu’elle. Un sacré numéro ! Elle en a assez bavé pour se permettre de dire ses quatre vérités haut et fort. Dans l’émission La nouvelle star sur M6, elle en a agacé, froissé, irrité plus d’un. Mais elle est comme ça et c’est à prendre ou à laisser. On a pris et on ne l’a pas regretté car derrière son bagout, sa faconde, Marianne James cache une vraie fêlure. Elle aurait voulu devenir chanteuse d’opéra, elle avait les moyens pour cela et, après un premier prix au Conservatoire, on l’a refusée à l’audition de l’Ecole de l’Opéra de Paris. D’autres se seraient accrochés. Elle a préféré revenir en faisant un pied de nez à ses censeurs sous les traits d’Ulrika von Glott. Enorme succès. Elle tenait sa revanche. Son talent de communicante hors pair lui a ouvert l’accès au petit écran. Elle est devenue une star. Mais au fond d’elle-même, une blessure subsiste que la musique réveille et avive parfois. Ce fut le cas dans le studio. Avec Maria Callas d’abord. Puis avec Gundula Janowitz. Les larmes ont coulé sur son visage et, subitement, elle est devenue muette. Certains silences en disent plus long qu’un beau discours. Reste la musique, mère et fille de toutes les douleurs.
Voici son programme :
Mon cœur s’ouvre à ta voix (Samsom et Dalila de Saint-Saëns) par Callas
Madeleines :
Lou Reed : Take a walk…
Mendelssohn : « Ach wie so bald »
E. Fitzgerald : Summertime
Programme
Bach : Suite anglaise n° 2 par Gould
S. Reggiani : La java des bombes atomiques
Montserrat Caballe : Pace moi Dio (Force du Destin)
Pavarotti : Air de Mario du 3e acte (Tosca de Puccini)
Morgen (Quatre Derniers Lieder de Strauss) par G. Janowitz
Pergolese : Stabat Mater (1er duo) Abbado