Vittorio Grigolo, show bouillant

La radio est un spectacle. Et principalement la radio en direct. Spectacle intime, vocal, mystérieux, mais spectacle tout de même qui demande de la générosité et de la sincérité. Je suis toujours émerveillé quand un invité se donne à 100 %, oubliant sa promo, s’offrant une récréation et offrant du même coup à l’auditeur quelque chose d’exceptionnel, de non convenu, de spontané. Avec de l’humour et de l’autodérision : « Le baryton s’intéresse à la soprano, la soprano s’intéresse au ténor et le ténor s’intéresse à… l’argent. »
Vittorio Grigolo a été formidable. Comme ont pu l’être à ce micro Rolando Villazon, Roberto Alagna, Angela Gheorghiu, Teresa Berganza, Mirera Freni. Libres, vrais, drôles, émouvants. Sans tomber dans la facilité si contemporaine de l’attaque personnelle, du coup de gueule surjoué, de la petite phrase assassine qui fait le buzz.
Ce que je ne savais pas – l’aurais-je su, c’eut été moins vrai et intrusif – c’est que le ténor italien était en proie à un sentiment amoureux, et innocemment, intuitivement, je l’ai amené sur un terrain sensible. Du coup, n’écoutant que son impulsion, il nous a gratifiés d’une lettre intime à l’objet de son tourment totalement improvisée et très belle, sur le fameux intermezzo de Mascagni. Une raison de plus pour l’aimer notre « Pavarottino ». Si aimer contribuait un tant soit peu à consoler du mal d’amour, comme le clou de girofle sur la dent qui souffre.
Voici son programme :
Intermezzo Cavalleria Rusticana
Something’s Coming from West side Story
C’era una Volta in America by Ennio Morricone
Tosca, Lucevan le stelle

Take my breath away
Without you (I can’t live if living is without you), Mariah Carrey version
Dimmi quando tu verrai by Tony Renis