Entre la vision purement naturaliste de Walter Felsenstein (ArtHaus), celle, onirique et panthéiste de Nicholas Hytner et Jean-Claude Gallotta (ArtHaus) et le réalisme social d’André Engel (Medici Arts), le metteur en scène Laurent Pelly a choisi une voie médiane : un réalisme contemporain mâtiné de poésie, mélangeant des humains d’une proximité sympathique, attachante et des animaux (renards, coq, poules, chien, blaireau…), irrésistibles dans leur naturalisme bien croqué par Laurent Pelly lui-même, les masques laissant pour les renards le jeu de l’expression faciale libre et prenant, pour une scène de séduction particulièrement réussie. Univers visuel signé Barbara de Limburg Stirum cohérent, voguant entre vieille camionnette défoncée et barbelés, nature généreuse et fraîche, avec champ de tournesols mobiles, le propos est plaisant, sans qu’il mette en question le fond même de l’œuvre de Léos Janácek. Illustratif, narratif, enjoué, il se contente de séduire. Plus séduisante encore, la direction enthousiaste de Seiji Ozawa emporte la partition dans le rayonnement absolu de toutes ses moires et ses couleurs. La troupe, internationale, est tout simplement magnifique, à commencer par le formidable Garde de Quinn Kelsey. Mais la palme est pour la renarde d’Isabel Bayrakdarian, inoubliable.
UNE « PETITE RENARDE RUSÉE » AU POIL
Radio Classique
L'association talentueuse de Laurent Pelly et Seiji Ozawa fait merveille dans « La Petite Renarde rusée », œuvre pleine de fraîcheur et de rebondissements.