Une minute avec Schubert – Episode 26 : « Voyage d’hiver » – 23.07.2016

Olivier Bellamy, animateur de Radio Classique, s’est passionné l’été dernier pour Franz Schubert et nous raconte l’histoire du compositeur dans une vingtaine de chroniques audio inspirées de son livre « Un hiver avec Schubert ». Lisez et écoutez chaque semaine un épisode de notre série sur Schubert. Voici le 26ème épisode : «Voyage d’hiver »

Au début de 1827, Schubert traverse une période de dépression. La lecture du Voyage d’hiver le sauve : elle va aussi hâter sa fin. En quelques jours, il termine les douze premiers Lieder. Puis il dit à ses amis : « Je vais vous chanter des mélodies sinistres qui me plaisent plus que toutes les autres ». Effrayés par son état d’épuisement, ses amis sont décontenancés par ce nouvel opus. La mort de Beethoven bouleverse Schubert : au mois d’août 1827 il se lance dans le deuxième volume de son Voyage d’hiver, qui regarde la mort sans ciller. Il entrevoit avec une ivresse mystique le « Grand Tout ».
Sans emphase funéraire, sans grondement d’outre-tombe, Schubert ne se dépare jamais d’une sublime transparence qui rappelle Chateaubriand lorsque celui-ci écrit : « La lune prêta son pâle flambeau à cette veillée funèbre, elle se leva au milieu de la nuit comme une blanche vestale qui vient pleurer sur le cercueil d’une compagne ».