Une minute avec Schubert – Episode 25 : « Schubert et l’opéra » – 16.07.2016

Olivier Bellamy, animateur de Radio Classique, s’est passionné l’été dernier pour Franz Schubert et nous raconte l’histoire du compositeur dans une vingtaine de chroniques audio inspirées de son livre « Un hiver avec Schubert ». Lisez et écoutez chaque semaine un épisode de notre série sur Schubert. Voici le 25ème épisode : « Schubert et l’opéra »

On a beaucoup dit que Schubert n’avait pas la fibre théâtrale : contrairement à Beethoven, il a le don inné de la mélodie, mais il lui manque le sens dramatique d’un Mozart. Les quinze œuvres lyriques qu’il a écrites témoignent cependant d’une réelle valeur, mais leur subtilité échappe à l’amateur d’opéra. En plus, ses œuvres sont en allemand – à cette époque, Vienne ne jure que par Rossini.
Si Schubert s’est acharné, malgré des échecs successifs, c’est que l’opéra était l’art populaire par excellence de cette époque. Ça n’a pas marché parce qu’il n’était pas assez manœuvrier pour se faire des relations utiles, et il n’a pas eu de chance. De plus, Schubert était trop pur pour se frayer un chemin dans ce monde d’intrigues où, à l’instar de la sphère politique, le culot prime sur le travail.
Il est quand même étrange que tant d’opéras baroques italiens aient fait l’objet de luxueuses productions subventionnées, quand les œuvres d’un des plus grands génies de l’histoire de la musique continuent de susciter l’indifférence du public cultivé.