Que mangeait Schubert ? Ses repas ne ressemblaient pas à ceux de Beethoven, passionné de bonne chair, et encore moins à ceux de Rossini, dont la gourmandise est restée proverbiale. S’il arrive à Schubert d’avoir le ventre vide, c’est évidemment pour des raisons économiques ; les débuts surtout sont durs. Une lettre à son frère Ferdinand l’atteste : « Tu sais qu’on voudrait manger de temps en temps un petit pain », lui écrit-il, « et quelques pommes. D’autant qu’après un médiocre déjeuner, on doit attendre un misérable souper ».
La pianiste chinoise Zhu Xiao-Mei a dit un jour : « Pour moi Schubert est comme ces cuisiniers de l’empereur de Chine, qui devaient chaque jour inventer un plat différent avec seulement du soja et du riz ». Une manière de célébrer son imagination céleste, avec des moyens très simples. Et lorsque Beethoven nous dit, « Seul un cœur pur sait faire une bonne soupe », on jurerait qu’il songe à Schubert.
Une minute avec Schubert – Episode 24 : « la bohème » – 09.07.2016
Radio Classique
Olivier Bellamy, animateur de Radio Classique, s’est passionné l’été dernier pour Franz Schubert et nous raconte l’histoire du compositeur dans une vingtaine de chroniques audio inspirées de son livre « Un hiver avec Schubert ». Lisez et écoutez chaque semaine un épisode de notre série sur Schubert. Voici le 24ème épisode : « la bohème »