L’admiration éperdue que Schubert ressentait pour Beethoven est la raison pour laquelle il n’a jamais osé l’aborder dans les rues de Vienne, ni même solliciter un rendez-vous. « Que peut-on faire après Beethoven ? » soupirait-il, jeune étudiant. Mais justement : identifier précocement un danger, c’est se prémunir à temps des risques de l’imitation, tout en affichant clairement sa propre ambition.
S’ils ne se sont jamais rencontrés, Schubert et Beethoven avaient des amis communs dans le milieu artistique viennois. Beethoven aurait même dit : « Il y a une étincelle divine chez ce Schubert ».
Après la mort de Beethoven, Schubert dispose d’une seule année. Dans ses dernières œuvres, il se hisse au plus niveau avec son propre langage, et dans une perspective héritée de Beethoven. Schubert peut ainsi s’offrir le luxe de rembourser publiquement sa dette et de rendre à César ce qui appartient à l’art, sans perdre un seul pouce de son royaume.
Une minute avec Schubert – Episode 23 : « Beethoven, mon héros » – 02.07.2016
Radio Classique
Olivier Bellamy, animateur de Radio Classique, s’est passionné l’été dernier pour Franz Schubert et nous raconte l’histoire du compositeur dans une vingtaine de chroniques audio inspirées de son livre « Un hiver avec Schubert ». Lisez et écoutez chaque semaine un épisode de notre série sur Schubert. Voici le 23ème épisode : « Beethoven, mon héros »