Schubert était-il homosexuel ? Des discussions ont lieu sur la toile pour savoir s’il en était, oui ou non. On serait tenté de lui accorder le sexe des anges – sauf qu’il y a cette syphilis, contractée en 1823 et pour laquelle il a été hospitalisé. Alors ? Alors l’écrivain Bauernfeld, qui était un proche de Schubert, affirme dans une lettre qu’il avait sans cesse besoin de « jeunes paons » : l’expression vient du sculpteur Benvenuto Cellini et désigne les gitans ou les prostitués romains. Dès lors, toute la vie secrète de Schubert a été observée d’un autre œil. Cette vie de bohème viennoise ne dissimulerait-elle pas un attrait pour le vice italien, ou pour le penchant grec ?
Une musicologue féministe américaine a même décrétée que l’indécision tonale de sa musique était une preuve de sa « gaytitude ». Révélations qui trahissent un penchant moderne, exigeant la transparence à tout prix. C’est oublier que Schubert est un classique : cela signifie qu’il peut vivre sa vérité sans être tenu de la révéler – parce que la révéler, ce serait pour ainsi dire se placer au-dessus des dieux, ce qui constituerait une faute et une offense.
Une minute avec Schubert – Episode 22 : « Le secret » – 25.06.2016
Radio Classique
Olivier Bellamy, animateur de Radio Classique, s’est passionné l’été dernier pour Franz Schubert et nous raconte l’histoire du compositeur dans une vingtaine de chroniques audio inspirées de son livre « Un hiver avec Schubert ». Lisez et écoutez chaque semaine un épisode de notre série sur Schubert. Voici le 22ème épisode : « le secret »