Après la mort de Schubert, une souscription a été lancée par ses amis pour édifier un monument funéraire sur sa tombe. Parmi les épitaphes qui ont été écartées, on en a retrouvé trois. Première proposition : « Voyageur, as-tu entendu les Lieder de Schubert ? Il repose sous cette terre ». Hmm. Comme si l’on avait écrit pour Leonard de Vinci « As-tu vu la Joconde ? Celui qui l’a peinte est enterré là ». Deuxième proposition : « A sa mort il côtoyait les meilleurs, mais il avait à peine parcouru la moitié de sa route ». Hmm. Qui sont les meilleurs ? Ses amis eux-mêmes, qui s’auto-congratulent sur sa dépouille ? Troisième proposition : « Il faisait chanter la poésie et parler la musique ». C’est mieux, mais toujours incomplet… Finalement, l’épitaphe retenue est celle-ci : « La musique enterra ici un riche trésor et des espérances encore plus belles ».
Le pianiste Alfred Brendel s’est élevé contre la formule « des espérances encore plus belles », au motif que selon lui Schubert aurait pu écrire d’autres choses aussi belles que ses dernières œuvres, mais certainement pas encore plus belles.
Une minute avec Schubert – Episode 18 : « L’épitaphe » – 28.05.2016
Radio Classique
Olivier Bellamy, animateur de Radio Classique, s’est passionné l’été dernier pour Franz Schubert et nous raconte l’histoire du compositeur dans une vingtaine de chroniques audio inspirées de son livre « Un hiver avec Schubert ». Lisez et écoutez chaque semaine un épisode de notre série sur Schubert. Voici le 18ème épisode : « L’épitaphe »