A 16 ans, alors qu’il est encore collégien et qu’il a déjà composé une cinquantaine d’œuvres, Schubert écrit un poème de 4 strophes intitulé « Le temps », et qui commence ainsi :
« Imperturbable, il se déroule
Il ne reviendra plus cet ami ravissant
Perpétuel compagnon de notre vie
Il descend avec nous jusqu’à la tombe. »
Comment ne pas être frappé par une volonté de sa part d’exprimer avec des mots simples ce qui va être le fil de sa courte vie ? Parce que le temps est au cœur de toute l’œuvre et de toute la pensée de Schubert. Et en cela, il obéit aux lois non-écrites de l’art des sons. Car la musique parvient à nous remettre d’aplomb, à nous réconcilier avec le temps dans un espace ordonné, dans une architecture sonore, tout en nous projetant hors du temps. Drôle de paradoxe. Singulièrement pour Schubert, qui a eu si peu de temps pour nous offrir l’éternité.