Une messe de Pawel Lukaszewski

À quarante-cinq ans, le compositeur polonais Pawel Lukaszewski se pose déjà comme un digne successeur de Penderecki, Górecki et Lutoslawski.

Pawel Lukaszewski s’élève déjà à la hauteur de John Tavener ou Henrik Górecki, deux compositeurs qu’il dit admirer. Comme Tavener, Lukaszewski possède un riche catalogue de pièces chorales. On peut l’aborder par son disque Musica Sacré 3, qui offre dans la sphère intimiste des Chants de Noël aux harmonisations choisies. L’héritage, assimilé, de Górecki ou de Kilar s’inscrit probablement dans l’Adagietto pour orchestre à cordes ; nos consonances familières prennent des colorations hivernales, comme figées dans le temps. La face tourmentée du compositeur envahit Souvenir, pour orgue, qui, en empilant des triades, mais avec effet de décalage, dégage une grandissante sensation de malaise.
À l’opposé, enregistrée sur le présent disque, Missa de Maria a Magdala, pour soprano, baryton, chœur et orchestre, invite l’auditeur à la méditation. Elle use d’un langage tonal sans ambiguïté, teinté de polytonalité et de modalité (fanfare, puis chœur de Introitus), d’une écriture rythmique sans secousses (écriture très classique de tous les chœurs de la Messe), de répons (Gloria), d’assez rares sections enlevées (Credo, dont les subtils dégradés de couleurs rappellent étrangement… Steve Reich !), d’une orchestration globalement sobre, rehaussée de quelques interventions solistes. Par bien des aspects, cette Messe pourrait presque être de la musique anglaise d’aujour­d’hui, d’un Nicolas Jackson, d’un David Briggs, par exemple.
Communio cristallise enfin l’indicible beauté de la Messe, la simplicité de ses structures, en alternant séquences suaves, douloureuses, et séquences paisibles, doucement lumineuses. Les musiciens, sous la direction de Jan Borowski, donnent une interprétation convaincante de ce nouveau jalon discographique inévitable de Pawel Lukaszewski.
Pawe lLukaszewski (né en 1968)
Missa de Maria a Magdala (Missa bremgartensis)
Elzbieta Grodzka-Lopuszynska (soprano), Tomasz Sadownik (baryton), Chor Akademii Techniczno-Humanistycznej (Bielsku-Biatej), Slaska Orkiestra Kameralna, dir. Jan Borowski
Dux 0944 (Distrart). 2012. 46′
Nouveauté 1re