« Une menace pour la liberté artistique » : La politique culturelle de Trump dénoncée par le patron du Met Opera

Alexander Zemlianichenko/AP/SIPA

Dans un entretien publié dans un podcast spécialisé, Peter Gelb, le directeur général du Met Opera de New York, estime que le début de mandat de Donald Trump a eu de graves conséquences sur le paysage culturel américain et notamment sur l’institution qu’il dirige.

Lors d’une communication à la presse, consacrée début juin au bilan économique du Met Opera, son directeur général avait évoqué une sensible baisse de la fréquentation de l’institution new-yorkaise pour les deux derniers mois de la saison 2024-2025. Peter Gelb expliquait que cette baisse était liée en grande partie à la diminution du tourisme à New York, notamment depuis la mise en place de mesures restrictives sur l’immigration.

Dans ce point presse, Peter Gelb n’avait pas nommément cité Donald Trump mais dans un entretien réalisé la semaine dernière pour le podcast du site spécialisé Backstage Classical, le patron du Met s’est montré nettement plus véhément à propos des « conséquences considérables » que les décisions de l’administration du président américain ont eues non seulement pour le Met mais aussi pour toute la scène culturelle américaine

« Un sentiment latent de menace pour la liberté artistique »

Concernant les effets des mesures anti-migratoires, Peter Gelb estime ainsi que « le nombre de touristes à New York a diminué de 17 % après l’arrivée de Trump au pouvoir. Le nombre de visiteurs canadiens a même chuté de 75 %. Cela a également eu un impact négatif sur les revenus du Metropolitan Opera ».

Même si le Met est peu impacté par la réduction drastique du financement fédéral des arts, le dirigeant considère que ces coupes budgétaires « seront dévastatrices pour les petites organisations artistiques du pays ».

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Peter Gelb se désole surtout d’un « sentiment latent de menace pour la liberté artistique » depuis le début du 2e mandat de Donald Trump, faisant notamment référence à la reprise en main du Kennedy Center. Il voit également la liberté menacée dans le monde entier par la montée des gouvernements autocratiques et souligne que la liberté artistique ne doit pas être « endommagée ou détruite », notamment en Europe où les compagnies d’opéra dépendent beaucoup plus de subventions publiques.

Il cite ainsi l’exemple anglais d’une ministre de la Culture du parti conservateur qui a été agressée parce qu’elle avait été vue assister à une représentation d’opéra. Ce qui, selon lui, met en lumière le fossé grandissant entre politique et culture.

Philippe Gault

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