En mourant, Pierre Desproges n’a pas pris le soin de demander à son ami Jean-Louis Fournier de prendre sa suite en allégeant les misères de ses contemporains. Pas la peine ! les humoristes savent transformer une grande douleur en éclat de rire et rapprocher les hommes sans qu’on le leur demande. C’est même le seul moyen qu’ils ont trouvé pour répondre aux mauvais coups du destin et leur seule façon de vivre.
Jean-Louis Fournier a écrit plein de livres indispensables pour comprendre la poésie du monde et se moquer de tout le reste. Dans « L’arithmétique impertinente », il se demande combien de voitures on pourrait mettre à l’intérieur de Notre Dame si on la transformait en parking. Dans « Le CV de Dieu », il imaginait le Créateur cherchant un nouveau boulot.
Avec « Où on va papa ? » (Prix Fémina 2008), Jean-Louis Fournier franchit un degré supplémentaire. Les soties philosophiques ont cédé la place à une chronique d’une rare humanité, dans laquelle le rire se mêle aux larmes. D’Erik Satie, nous sommes passés à Schubert…
Jean-Louis Fournier a eu la déveine d’être le papa, non pas d’un, mais de deux enfants handicapés. D’autres se déversent à la télévision pour moins que ça. Lui a attendu plus de trente ans pour raconter son histoire. Ça valait la peine car son livre est une sorte de « Petit Prince » moderne. Jean-Louis Fournier a parlé de sa littérature avec des mots simples et touchants. Son humour, sa force morale donnent du courage à ceux qui l’écoutent et donnent une valeur universelle à son histoire.
Comme disait je ne sais plus qui : « J’aime bien les fêlés car à travers eux on voit la lumière ». Merci à Matthieu et Thomas d’avoir éclairé notre existence, puisque désormais ils en font partie.
Voici son programme :
Trio de Schubert n°2 en mi b « Andante con motto » par les Beaux Arts Trio »
Madeleines Luis Mariano « Rossignol de mes amours »
Trenet « La folle complainte »
Brel « Quand on n’a que l »amour »
Programme Les Variations Goldberg (le début) par Simone Dinnerstein
Concerto pour violon de Mendelssohn (le début par Menuhin)
Adagio K.540 de Mozart par Claudio Arrau
Concerto pour piano de Schumann (1er mvt) par Wilhem Kempff
Symphonie inachevée de Schubert (Furtwängler/Berlin) 2e mvt
Nocturne op. 27 n° 1 par Alfred Cortot