Pleurer sur le Quatuor K 421 de Mozart est moins courant que de pleurer sur une chanson de Piaf, mais, au fond, les larmes viennent toujours du coeur (excepté pour quelques crocodiles), car Teresa Berganza pensait probablement à son père qui lui a fait découvrir la musique classique en lui racontant des histoires. C’est pour cela qu’elle s’est toujours sentie en intimité étroite avec cet art et qu’elle n’a jamais eu besoin d’appuyer sur le sublime pour faire naître une émotion pure et vraie.
Quant à Maria Callas, cette voix demeurera toujours un mystère. Tant de travail pour dompter un instrument aussi rebelle et parvenir à un résultat aussi déchirant, né des profondeurs du ventre et de l’âme, voilà de quoi transcender toutes les cultures et toutes les civilisations.
La divina a tout de suite pris la Teresina sous son aile, lorsqu’elles se sont rencontrées à Dallas dans Médée de Cherubini. Callas aimait le professionnalisme avant tout et sentait la grandeur (c’est-à-dire l’humilité et le talent aussi grands) chez les artistes même les plus jeunes. Quand Teresa, qui n’était pas encore la Berganza, lui a demandé des conseils, Maria Callas lui a répondu : « C’est plutôt à toi de m’en donner. » Elle était sincère. Ce n’était pas une pose ou une phrase gentille et modeste. Car la Callas s’est toujours sentie toute petite au fur et à mesure qu’on la trouvait grande. L’essentiel, c’est d’avoir une voix qui voit grand. Pas soi, la musique. Avoir conscience de sa responsabilité : la musique a besoin de moi, de toute mon âme, de tout mon art ; mais, sans la musique, je suis une personne comme tout le monde. C’est aussi simple et aussi beau que cela.
Voici le programme :
Madeleines musicales
1) Vissi d’arte Maria Callas (Sabata)
2) Quatuor K. 421 Mozart – Quatuor Amadeus
3) Sonate en la majeur K.331 Gieseking (1er mvt)
« Non so piu » air Cherubino (Les Noces de Figaro de Mozart)
O del mio dolce ardor Gluck
« Près des remparts de Séville » in Carmen Abbado
Voici le programme