C’est Philippe Tesson, qui m’a fait quitter « mon petit Liré » pour le « mont Palatin » comme disait Joachim du Bellay. En 1994, je suis entré au service culture du Quotidien de Paris, journal qu’il dirigeait selon son bon plaisir, mais non sans un effroyable talent. Un an plus tard, le titre fermait définitivement après une vie agitée et une émouvante agonie. Veuve pour le moins joyeuse, l’ami Tesson a noyé son chagrin sur les plateaux de télévision et hanté les théâtres qu’il ne fréquentait jusque là qu’en dilettante éclairé.
N’aimant rien tant que donner son avis sur tout sujet, si possible en croisant le fer avec un adversaire légèrement inférieur en rhétorique, Philippe Tesson est toujours resté à distance raisonnable de la musique. Comme il la connaît intimement et qu’il la respecte infiniment, il ne lui est jamais venu à l’idée de l’utiliser pour se mettre en valeur. Sur le plan musical, ce n’est pas un « parvenu ». Il est à l’image de ces vieux aristocrates, conscients de leur supériorité comme d’un fait naturel, mais qui ne s’abaisseraient jamais à rappeler leurs titres de noblesse. S’il est volontiers bavard, Philippe Tesson parle assez peu de lui. Au cours de l’émission, la musique lui a donné l’occasion, petit à petit, de taire le superflu et de laisser doucement passer l’essentiel.
Voici son programme :
Philippe Tesson
Beethoven : Symphonie n° 7 « Allegretto » (Karajan)
Madeleines
Petite valse de Poulenc
Rossini : Ouverture de la Pie Voleuse
Satie : La Diva de l’Empire
Programme :
Mozart : Concerto du Couronnement – 2e mvt – Gulda
Ravel : Pavane – Barenboïm (direction)
Symphonie n° 6 de Mahler – 1er mvt (Abbado)
Poulenc : Les Ponts de Cé (Barbara Hendricks)
Schubert : Quintette en ut – 2e mvt – Alban Berg
Purcell : Mort de Didon (Jessye Norman)