Il y a deux manières d’être passionné. Une forme solitaire et coupée du monde ou une forme généreuse et ouverte sur les autres. Stéphane Bern appartient à la seconde catégorie. C’est un excellent professionnel qui travaille comme un fou, mais qui possède également cette joie du partage, cette bienveillance naturelle à l’égard de tous. D’où son succès auprès du public. Du temps où il était copieusement raillé par des leaders d’opinion, je me souviens que le chef d’orchestre Emmanuel Krivine m’avait dit qu’il l’appréciait beaucoup. Au lieu d’entrer dans le rang, il a préféré suivre le conseil de Jean Cocteau : « Ce qu’on te reproche, cultive-le, c’est toi ! » Ce n’est pas un hasard s’il a su gagner l’amitié de Cecilia Bartoli et de Philippe Jaroussky qu’il contribue à mieux faire connaître sur RTL aux côtés de vedettes populaires. Il n’est pas snob ; étymologiquement, entendez qu’il n’est pas « sans noblesse », la vraie, celle du coeur. Il est, du reste, plus à l’aise et plus libre à la station de la rue Bayard qu’à la maison de la Radio où l’esprit sectaire bridait ses élans. Intelligent et sensible, il mène sa barque en mélangeant habilement son goût authentique pour la culture, pour l’histoire et son sens du divertissement. Un certain Philippe Bouvard pourrait y reconnaître son héritier le plus légitime. Sauf que Stéphane Bern appartient à cette catégorie différente, moins franchouillarde, où la méchanceté n’est pas forcément indissociable du talent.
Voici son programme :
4 oeuvres musicales classiques :
– Pergolèse – Stabat Mater avec Cecilia Bartoli et June Anderson
– Vivaldi – Heroes avec Philippe Jaroussky et JC Spinosi
– Mozart – L’enlèvement au sérail
3 « madeleines » musicales :
– Verdi – Le choeur des esclaves
– Elgar – Pomp & Circumstance – Land of hope and glory
– Franck sinatra – Stranger in the night