Sergiu Celibidache dirige l’Orchestre de la Radio Suédoise

A sa mort en 1996, Sergiu Celibidache était salué comme « le dernier géant de la direction d’orchestre ».

Il est vrai qu’on peut voir en lui l’ultime incarnation de ces « chefs-dictateurs » dont l’emprise et l’autorité sur les musiciens ne seraient aujourd’hui plus possibles. Se considérant comme le fils spirituel de Wilhelm Furtwängler, Celibidache en voudra toujours aux membres du Philharmonique de Berlin de lui avoir préféré Herbert von Karajan. Avant sa prise de fonction au Philharmonique de Munich en 1979, d’où découleront les bandes les plus fameuses éditées depuis – on sait que Celibidache refusait l’enregistrement -, il fut un invité régulier de phalanges orchestrales plus modestes, tels la RAI en Italie ou l’Orchestre Symphonique de la RDR de Stuttgart. Son travail acharné, appuyé sur un nombre inusité de répétitions, permit à ces orchestres de province d’atteindre un niveau de qualité inédit.
Aussi peut-on dire qu’il a entièrement reconstruit l’Orchestre de la Radio Suédoise qu’il dirigea de 1962 à 1971. Ce soir, Francis Drésel nous propose de l’écouter dans le poème symphonique Don Juan de Richard Strauss (Nuremberg en 1970), la Symphonie n° 5 de Sibelius (Stockholm en 1971) puis dans le répertoire concertant : car si Celibidache boudait le genre de l’opéra, il fut un accompagnateur recherché, notamment du couple Jacqueline du Pré – Daniel Barenboim : avec la première, on l’entendra dans le Concerto pour violoncelle de Dvorak (Stockholm 1967); avec le second, dans le Concerto pour piano n° 1 de Brahms, mais cette fois-ci à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Munich (1990/1991). Le chef roumain fut aussi un collaborateur régulier de l’Orchestre National de France, au programme dans l’Ouverture tragique de Brahms.