Sandrine Bonnaire : lucidité, légèreté et courage

1. Elle ne se raconte pas d’histoires, ne fait pas de cinéma (pour une actrice, c’est rare), elle parle juste, elle dit les choses. Avec son rire d’adolescente, son regard aigu et sa voix naturelle, Sandrine Bonnaire nous a touchés. Le beau récit de son enfance, entre une mère témoin de Jéhovah, une mère d’adoption musulmane, des frères et des soeurs en pagaïe, évoque une vie d’aujourd’hui à laquelle chacun peut s’identifier et fait naître sans chichis un regard tendre, un message de respect et une invitation au courage. Les douleurs de la vie ont frappé Sandrine Bonnaire ; une soeur autiste, un père puis un frère décédés. A aucun moment, dans l’émission, elle n’a cherché à éveiller la compassion. C’est comme ça. Il y a son métier (on n’est pas inspiré tous les jours) son existence de femme (libre), d’amie (fidélité avant tout), de mère (ne pas chercher à être parfaite, chacun fait comme il peut) et la vie avec ses bobos plus ou moins lourds. Un message fort : on peut tous (on doit ?) faire quelque chose de notre malheur. Ne pas se lamenter, le surmonter et si possible le transformer en positif. C’est-à-dire se tourner vers les autres. Elle dit tout cela avec simplicité car elle a gardé sa légèreté de l’enfance. La musique, elle la découvre petit à petit, par des amis, des rencontres, la famille. C’est un patchwork où cohabitent Brigitte Bardot, Gabriel Fauré et la musique des touaregs. Bref, une fille formidable qu’on aimerait avoir comme amie.

2. Merci à Cécile Chardon pour son long, beau et passionnant message. To play or not to play Chopin, that is the question. Michel Dalberto n’est pas le seul à se tenir à distance de ce compositeur ou à le jouer très épisodiquement : on peut citer aussi Alfred Brendel, Aldo Ciccolini, Stephen Kovacevich… Pourquoi devrait-on jouer Chopin ? Personnellement, je trouve qu’on le joue trop ou plutôt que trop de pianistes le jouent. Daniel Barenboïm pour qui j’ai la plus grande admiration ne devrait pas. C’est un monde tellement à part. Certes, le Polonais incarne l’âme du piano, mais l’âme de la musique que l’on trouve chez tous les grands compositeurs est bien suffisante pour remplir une vie d’artiste. Certains compositeurs ont bien besoin qu’on les défende et que de bons pianistes plaident leur cause auprès du public. Schumann par exemple, oui ! Mais Chopin éveille la sympathie du public, à cause de ses souffrances, alors que la folie de Schumann fait peur. D’ailleurs, c’est étrange tout le monde aime Chopin alors que lui n’aimait personne (ou si peu de monde). Schumann, lui, comme le disait Piotr Anderszewski de manière excessive mais juste, a tout raté. Sauf son mariage ! Mais sa carrière de pianiste, sa carrière de chef d’orchestre, son suicide… Il semble difficile à écouter si l’on en croit les ventes de disques, alors que Chopin est très difficile à jouer pour des raisons, comme le dit Maurizio Pollini, qui tiennent à la complexité de son caractère. La discussion reste ouverte.

Voici le programme de Sandrine Bonnaire :

Morceau préféré :

Trois pièces de style ancien ( la troisième) de Gorecki

Madeleines musicales :

  Al atlal de  Oum Kalthoum

Brigitte Bardot : Le soleil de ma vie

Programme :

Istambul de Jordi Saval Album  La tradition Arménienne( morceau 16) Sayat

Nova  Dimitri Cantemir le livre de la science de la musique

Izlafag Adagh Yalle d’ikewan

Nocturnes Numéro 10 en mi mineur de Fauré

Gymnopédie D’Eric Satie

Ouverture tragique opus 81 de Brahms

Prélude (premier) de Bach

Toi qui sait d’Anouar Brahem