Et s’il n’avait plus qu’une heure à vivre. Il continuerait d’écrire. Rejoignant Le temps retrouvé de Marcel Proust et son ultime victoire contre la mort. Roger-Pol Droit n’est pas un homme de système ou un gardien du temple de la sagesse circonscrit à la seule université. Il veut mettre de la vie dans la philosophie et de la philosophie dans la vie. Ce côté souple, non compact, lui offre une ouverture à la sensibilité de la musique.
Voici son programme :
1 – Bizet : Symphonie n°1 en do majeur, début du premier mouvement
Préférence pour la version de Sir Thomas Beecham (1961) EMI Classics
parce que…
juvénile, inaugural, simple, lumineux = Nietzsche a eu raison de préférer Bizet à Wagner !
2 – Beethoven : Quatuor à cordes n°7, premier mouvement
Préférence pour quatuor Talich
parce que…
j’écris souvent avec cette musique (ou d’autres quatuors), je ne sais pas pourquoi, et j’aime bien n’avoir pas la réponse
3 – Fanny Mendelssohn : Trio op.11 pour piano, violoncelle et violon (troisième mouvement, « lied », 2’08) Trio Brentano, Disque « Opus 111 »
ou bien
Klavierwerke, 1 ; Das Jahr (Février, 3’05) , Liana Serbescu, CPO
parce que…
Félix est trop connu et Fanny pas assez, qu’elle le mérite pourtant grandement, sans oublier qu’être une jeune femme compositrice et juive dans l’Allemagne du XIXe siècle n’était pas le plus commode
4 –Vivaldi, Gloria, par Corboz
parce que…
une sensation terrestre du divin
Trois madeleines musicales personnelles :
1 – Adieu foulard, adieu madras (Moune de Rivel de préférence, ou Salvador)
parce que le créole est ma seconde langue maternelle
2 – Tourbillon de Paris, Roger Roger et son grand orchestre
parce que c’était mon parrain, et le meilleur ami de mon père
3 – Madame Robert Nino Ferrer
pour les paroles, qui sont un monument (Mon père est un homme de bien, il possède des magasins d’objets noirs et de choses carrées, il est sujet aux rhumes en été)