Riccardo Muti dirige Verdi

L’Italianità dans le sang

S’il fallait conseiller une seule anthologie d’opéras à un mélomane désireux de découvrir l’univers verdien, ce serait celle-là : il y trouverait non seulement les titres majeurs, mais aussi des interprétations grand-luxe dirigées de main de maître par Riccardo Muti. Se considérant lui-même comme l’héritier du grand Arturo Toscanini, le Napolitain s’attache à cultiver un Verdi noble, rigoureux, délesté de toute vulgarité, mais d’une urgence dramatique insigne. Une connaissance intime des musiciens qui ont précédé (Bellini, Donizetti, Rossini) – il se passionne par ailleurs pour le répertoire du tournant des XVIIIe et XIXe siècles (Salieri, Cherubini)  – et de ceux qui ont suivi (Boito, Mascagni, Puccini) lui permet d’ouvrir des perspectives historiques tout en maintenant une même ligne au Bel canto, à l’image des sons filés dont Montserrat Caballé a fait toute sa réputation.

Montserrat Caballé qu’on retrouve dans une mémorable Aïda avec Placido Domingo, Fiorenza Cossotto et Piero Cappuccilli (1974). Luciano Pavarotti est le Don Carlo de la célèbre production de Franco Zeffirelli (enregistrée en public  à la Scala de Milan en 1992), et Domingo le Don Alvaro de La Forza del Destino avec Mirela Freni en Leonora (1986) et le Riccardo d’Un Ballo in maschera (1975). Côté clés de fa, épinglons l’Attila inégalé de Samuel Ramey (1989), le Macbeth de Sherrill Milnes (1976) ou le Rigoletto de Giorgio Zancanaro (1988). Onze opéras au total, auxquels s’ajoutent le Requiem (1979) et les superbes Quattro Pezzi Sacri (1982). Bref, un coffret de référence… et qui fera de l’usage !

Riccardo Muti : The Verdi Collection (Coffret Warner 28 CD)