REVUE DE PRESSE : Le Barbier de Séville à Paris

Un accueil plutôt négatif pour l'opéra de Rossini transposé dans les années soixante, à l'Opéra de Paris Bastille.

Pour Philippe Venturini, dans Les Échos, si la transposition de l’opéra dans les années 60 conserve intact les enjeux dramatique du Barbier de Séville, mais le metteur en scène Damiana Michieletto s’est laissé piégé par le décor de Paolo Fantin : une gigantesque construction qui occupe tout le plateau de l’Opéra Bastille : "abandonnés par le metteur en scène, les chanteurs ne doivent compter que sur leur propre talent pour faire vivre leur rôle". Carlo Lepore est un Bartolo "vraiment bouffe et jamais vulgaire", Karine Deshayes "peine à faire croire au tempérament piquant de sa Rosine", Dalibor Jenis "est un Figaro hâbleur et sûr de lui", en revanche, le ténor René Barbara, "semble bien pâlot" en comte Almaviva. Quant au chef et l’orchestre, "assoupis dans une tiède routine, ils réduisent les nuances, les phrasés et les couleurs à un flot sonore continu, qui accompagne l’action au lieu de la conduire".
Un avis plutôt négatif, donc, qui rejoint celui de Marie-Aude Roux, dans Le Monde, pour qui ce Barbier "frénétique, fait rire sans émouvoir". Cette reprise "importée de l’Opéra de Genève, où elle a été montée en 2010, ressemble à ces plats bourrés d’exhausteurs de goût, qui laissent l’illusion d’être rassasié." M.-A. Roux s’étonne également du : tranquille narcissisme" de l’Orchestre : "Mais où sont fureur, ferveur et frémissement ?"
Christian Merlin, dans Le Figaro, parle de "fausse modernité" de la transposition dans une Espagne contemporaine, par un metteur en scène qualifié "de très habile faiseur", tombant dans "le gadget et la facilité" – et conclut sur la distribution de la première qui "ne laissera pas de souvenirs inoubliables", avec un chef d’orchestre qui peine à maîtriser "la coordination des voix".