REVUE DE PRESSE A Flowering Tree

Réactions et commentaires suite à la création en France de A Flowering Tree de John Adams, au Théâtre du Châtelet (5 au 13 mai 2014).

Créé à Vienne, en 2006 (Wiener Festwochen), la première française de l’opéra A Flowering Tree au Théâtre du Châtelet, à Paris (5 au 13 mai 2014), est selon Christian MERLIN (LE FIGARO ET VOUS) une " demi-réussite ", le compositeur adaptant : " son style musical à chaque sujet. La faute sans doute à une écriture musicale qui se réfugie de plus en plus dans la symphonie au détriment de la voix et peine à retrouver le geste fulgurant des premiers ouvrages. La faute, aussi, aux livrets manquant de construction dramatique et d’action évolutive …/… naïvement new age dans A Flowering Tree, avec ses solistes chantant en anglais et ses choeurs en espagnol. On est plus dans un oratorio ou des scènes lyriques qu’à l’opéra. Le spectacle du réalisateur indien Vishal Bhardwaj a le mérite de ne pas tomber dans le kitsch bollywoodien, s’en tenant à un récit stylisé, candide et de bon goût, sans excès de couleur locale. On admire l’art des marionnettistes et danseurs, mais là encore la mise en scène proprement dite peine à faire oublier la faiblesse du propos. Le trio vocal est très investi : avec une voix pleine et sonore pour le baryton Franco Pomponi en narrateur, une technique plus anarchique mais une incarnation très vécue pour la soprano Paulina Pfeiffer et le timbre un peu clair de David Curry, à cheval entre opéra et comédie musicale. "
Pour Marie-Aude ROUX (LE MONDE), la mise en scène, confiée à une équipe indienne : " mêle d’étranges évocations bollywoodiennes à une partition raffinée et expressive, soutenue, parfois sans grandes nuances, par Jean-Yves Ossonce à la tête de l’Orchestre symphonique région Centre-Tours. Quelques belles images (la transformation monstrueuse de Kumudha au début de l’acte II) ne peuvent cependant pallier l’impression d’une profonde inadéquation entre scène et fosse. "
Bruno SERROU, journaliste à LA CROIX, commente la partition ainsi dans son blog : " consternante de truisme, banale et sans saveur, et l’on s’ennuie ferme tout au long de l’œuvre. Au point que quantité de sièges se sont libérés à l’entracte, certains même en cours de représentation, tandis qu’à la fin le spectacle a été accueilli par des applaudissements polis. " Et de conclure : " Tant et si bien que l’on s’ennuie ferme, et que l’on a hâte que le spectacle se termine enfin, même si l’on est séduit par la plastique des marionnettes conçues par Dadi Pudumjee portées à hauteur d’homme les manipulant vêtus de noir. Réduite à trois chanteurs, à un chœur et à deux danseurs, la distribution est dominée par le narrateur puissant et ardent du baryton étatsunien Franco Pomponi et au danseur alter ego du prince Sudesh Adhana, également scénographe et chorégraphe de la production. La soprano suédoise Paulina Pfeiffer campe une Kumudha déliée, et le ténor britannique David Curry un prince quelque peu effacé. Malgré une direction appliquée et un Orchestre Symphonique Région Centre – Tours, coproducteur du spectacle, plutôt clair malgré ses imperfections (premier violon rêche, bois manquant de mordant et cuivres incertains), l’œuvre traîne en longueur, et la partition paraît fade et vaine. "
Plus réservé, François LAFON, sur MUZIKZEN, pointe le fait que Flowering Tree est : " Un avatar de La Flûte enchantée, si l’on veut, empruntant au mythe de Daphné. Un sujet étrangement allégorique en regard des préoccupations politiques et philosophiques d’Adams et Sellars. Comme la mise en scène du shakespearien de Bollywood Vishal Bhardwaj ne fait qu’ajouter à l’abstraction sans parvenir à nous entraîner dans un monde de rêve, on se demande d’autant plus à quoi riment cette fable déconnectée, ce texte alambiqué, cette musique charriant trivialités et jolies choses tintinnabulantes. On admire les marionnettistes (que ne se chargent-ils de l’ensemble du spectacle !), on salue l’Orchestre Symphonique Région Centre-Tours et son chef Jean-Yves Ossonce, on oublie les voix, ni très belles, ni aidées par la prosodie (n’est pas Britten qui veut). Alors on danse ? Même pas. "
À suivre…