Universal fête à sa manière le 300e anniversaire de la naissance de Gluck en regroupant, sous étiquette Decca, six (sept en comptant l’avatar français d’Orfeo) de ses plus fameux ouvrages lyriques dans des interprétations de référence. Si l’essentiel a été puisé dans le fonds du catalogue Archiv (Paride ed Elena par McCreesh, Orphée et Eurydice ainsi qu’Armide par Minkowski avec une Mireille Delunsch au sommet de son art), on est allé chercher Gardiner chez Philips (Orfeo ed Euridice, Alceste, Iphigénie en Tauride) et même Erato (Iphigénie en Aulide). Défendu avec tant de panache et de style – nonobstant une approche différente selon les époques (de 1985 à 2003) et les orchestres (de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon au Gabrieli Consort) -, le Chevalier Gluck en ressort grandi et définitivement vainqueur de ses contempteurs qui, à la suite de l’ingrat Debussy, ne voyaient en lui qu’un tiède musicien de cour. En prime, un disque d’enregistrements historiques et rares où les mezzos (Kathleen Ferrier, Janet Baker, Tereza Berganza, Régine Crespin, Marilyn Horne…) règnent en majesté. Certes, c’est surtout le Gluck d’après la réforme qui est à l’honneur aux dépens de la période italienne. Et puis, à ce doux prix, il faudra se contenter d’un résumé de l’action – bien suffisant pour le francophone – à défaut des livrets. Pas de quoi entamer l’accueil enthousiaste que tout mélomane réservera à ce coffret à marquer d’une pierre blanche.
Réédition – Gluck tient sa revanche
Radio Classique
Les grands opéras de Gluck réunis pour la première fois dans un coffret