Récital Camille Thomas (violoncelle) et Julien Libeer (piano)

« Un monde en soi »

Un « programme-tableau » de musique française : ainsi est conçu ce premier album de Camille Thomas et Julien Libeer pour le label La Dolce volta, qui concrétise un partenariat de longue date entre la violoncelliste et le pianiste. Le noyau du programme est constitué par la Sonate pour violoncelle seul op. 28 d’Eugène Ysaÿe et la Sonate pour violon et piano en la majeur de Césars Franck dans sa transcription pour violoncelle (approuvée par l’auteur) due à Jules Delsart, lequel réalise ainsi cet idéal de la voix humaine recherché par l’auteur. Si elle demeure dépourvue de traits en double cordes et de pizzicatos, la partie de violon, larvée de plis et replis chromatiques, s’avère d’une redoutable difficulté d’intonation. Faut-il voir dans la Sonate en la majeur, comme on a pu le dire, le modèle de la « Sonate de Vinteuil » ? Si l’on en croit Marcel Proust lui-même, elle aurait plusieurs modèles, à l’instar des différents personnages de La Recherche : Fauré, Saint-Saëns et même Wagner hantèrent son esprit.  

Fauré et Saint-Saëns font d’ailleurs parti des compositeurs choisis pour compléter ce programme de musique française ; il y sera également question de voix humaine, puisque Camille Thomas joue entre autres des transcriptions de mélodies, dont la tessiture s’adapte remarquablement à son instrument. Le violoncelle ? Un monde en soi… 
« Un Monde en soi », par Camille Thomas (violoncelle) et Julien Libeer (piano) / 1 CD La Dolce volta