Modeste, gentil, souriant, Nemanya Radulovic a tout pour plaire. Sur scène, il brûle les planches. Jeu passionné, généreux, engagé. Je le connais depuis qu’il est au Conservatoire de Paris.
Parti de Belgrade à l’âge de 14 ans avec sa famille, il est entré dans la classe de Patrice Fontanarosa. A onze ans, il avait rencontré Yéhudi Menuhin qui lui avait prédit un grand avenir. Tout s’est fait naturellement dans sa carrière. Il n’a pas cherché à rencontrer les professeurs les plus côtés pour les inscrire sur son CV comme d’autres posent des têtes d’animaux sur leur tableau de chasse. Il a suivi les inclinaisons de sa sensibilité et les caprices de la vie, sachant pour le reste exactement ce qu’il avait dans la tête et dans le coeur.
Nemanya Radulovic n’a jamais perdu le contact avec ses soeurs et ses amis, réservant toujours des moments de liberté pour jouer la musique folklorique en famille. Cela se sent dans son jeu qui n’a rien perdu de la spontanéité de l’enfance.
Quand on lui fait un compliment, il a l’air sincèrement ému et proteste comme s’il ne les méritait pas. Je connais d’autres violonistes qui, derrière une humilité de façade, vous font sentir : a) que ce n’est pas assez et b) que vous êtes bien insolent d’oser porter un jugement même positif sur un art qui vous dépasse forcément.
2. Je viens de recevoir un coup de fil de devinez qui. Oui : la grande BB. « Vous êtes bien assis ? m’a-t-elle dit en riant. C’est Brigitte ! » Comme si nous étions de vieux amis. Fidèle de l’émission et de Radio Classique, elle a la gentillesse d’apprécier mon travail. Je ne suis pas prêt d’oublier une lettre qu’elle m’avait envoyée le jour de mon anniversaire. On peut être une icône absolue depuis un demi-siècle et avoir un coeur grand comme ça. Elle m’a bien fait rire lorsqu’elle m’a dit que cela lui avait drôle d’entendre mon « Bonjour Brigitte » sur les ondes de Radio Classiques dans les petits sketches musicaux enregistrés avec ma complice Brigitte Engerer (la Bardot du piano !)
Je vous en dirai plus bientôt dès que la date sera calée…
Voici le programme de l’ami Nemanya :
Morceau de musique classique qu’il aime par-dessus tout :
Le concerto pour violon de Beethoven par Isaac Stern
Madeleines :
Le concerto en mi mineur de Mendelssohn par Yehudi Menuhin
Le Requiem de Mozart – début
« Black or white » de M. Jackson
Programme Classique :
Water Music de Haendel – plage 13 par Malgoire (passage lent et solennel)
Le concerto pour piano en ré majeur de Haydn par Martha Argerich – 3e mvt
Le concerto pour violoncelle de Saint-Saëns – 1er mvt par Anne Gastinel
La première Danse hongroise de Brahms par Patrice Fontanarosa (Emi)
Le CD « Evocation » de Susan Manoff et Sandrine Piau, chez Naïve
La symphonie n°10 pour cordes, par le Concerto Köln
Extraits du dernier album de Nemanya Radulovic : Mélodie andalouse de Sarasate et Schön Rosmarin de Kreisler
Voici son programme :