L’Espagne est l’un des grands amours de la vie de Daniel Prévost. Il a aimé ce pays de la plus belle manière qui soit : par la poésie, la musique et le rêve. Pas par le chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens ou par la sangria au camping des Flots bleus. Il n’a rien contre la sangria, notez bien. Il a des goûts simples, des origines modestes et ne doit pas être le dernier à rigoler, mais ce sont les mots, le rythme et les couleurs de Federico Garcia Lorca, qui ont frappé son coeur en premier, ne laissant plus aucune place à la vulgarité.
Sa femme, qu’il a rencontré au Danemark et qui lui a donné trois beaux fils aux prénoms fleurant bon le poisson fumé et le chewing-gum rafraîchissant, a partagé sa passion pour le pays de Cervantès. Ils avaient souvent projeté de faire le voyage, mais, comme la réalité est souvent si inférieure à ce qu’on imagine – Regardez Don Quichotte et Dulcinée ! – la vie, pour leur épargner une possible déception, s’est ingéniée à les en écarter.
Il y a deux ans, sa femme est allée rejoindre Andersen et la Petite Sirène sans avoir pu respirer l’air d’Albeniz, de Falla et se chauffer au soleil de Garcia Lorca. C’est en souvenir d’elle et pour rester parmi les vivants que Daniel Prévost a probablement imaginé ce spectacle avec son benjamin, Erling. Un cri d’amour pour l’Espagne ! Pays envoûtant, obsession des artistes français de la fin du XIXe et du début du XXe (Chabrier, Mérimée, Debussy, Ravel…) comme l’Italie était celle des artistes allemands, de Goethe à Kempff en passant par Wagner.
Ce soir, au micro, Daniel Prévost baissait le masque. Ce n’est pas facile d’exprimer ses sentiments quand on s’est toujours caché derrière le rire et les grimaces. Mais ça doit faire du bien d’être aimé pour soi-même, pas forcément parce qu’on amuse la galerie.
* (le spectacle s’appelle « Federico, l’Espagne et moi », il se joue au studio de la Comédie des Champs-Elysées). voilà, au fait, voici son programme :
Jeux interdits (Narcisso Yepes)
Madeleines
Le troisième homme
Gainsbourg : La chanson de Prévert
Brel : Fanette
Programme
Prévost : chante (Miguel Hernandez/Paco Ibanez)
Hymne à la joie (9e de Beethoven, 4e mouvement)
Stéphane Blet : Variations Carmen (Bizet/Horowitz)
Grieg : Concerto pour piano (1er mvt) (Argerich)
Danse du Meunier (Falla) /
Sonate Clair de Lune (Gilels)
Flûte enchantée : Air de Papageno
Les poètes (Léo Ferré)